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Feuilleton de l'été / Valérie Pécresse / françois fillon

Feuilleton de l'été
Valérie Pécresse / françois fillon

Série d'été - Ils et elles vont construire le monde d'après - Alexandra Dublanche

Cette fille de politiques a vite été rattrapée par la chose publique. Après des études de commerce et un MPA à Harvard où elle s’est investie pour la campagne Obama, elle sert son pays comme bras droit de Valérie Pécresse en Ile-de-France et maire adjointe de Sartrouville. Un véritable sacerdoce.
Alexandra Dublanche
Alexandra Dublanche

Alexandra Dublanche est tombée dans la politique petite, elle qui a grandi auprès d’un politique et d’une fonctionnaire. Et pourtant, elle n’en a pas eu la vocation depuis le plus jeune âge, loin s’en faut : "j’ai d’abord eu envie de fuir ce milieu, en faisant une école de commerce, en partant à l’étranger et en commençant ma carrière dans le privé", note-t-elle avec malice. Elle intègre la filière européenne de l’Essec, et commence sa carrière, de façon classique, en conseil en stratégie, chez McKinsey en Allemagne. Mais elle aspire à autre chose et décide de démissionner pour faire de la politique en France. "J’ai eu la grande chance de rencontrer Luc Châtel, qui était ministre de l’Industrie et porte-parole du gouvernement, et cherchait quelqu’un qui venait du privé. Je suis arrivée en septembre 2008, deux jours après la faillite de Lehman Brothers pour répondre aux questions de réforme économique, un baptême du feu", se rappelle-t-elle en souriant. Un changement de culture complet, car le gouvernement doit alors se montrer efficace et rapide, conjuguer pédagogie et des actions concrètes.

Deux ans plus tard, elle décide de reprendre les études qu’elle n’avait pas faites en politique et décroche un MPA (Master of Public Affairs) à Harvard. Elle est recrutée dans le programme de jeunes femmes en politique ("From Harvard Square to the Oval Office", en toute simplicité) et s’engage dans la campagne de la sénatrice de New York, Kirsten Gillibrand, puis celle de la réélection de Barack Obama, en 2012. Des souvenirs forts, où la jeune femme apprend beaucoup du professionnalisme et de la rationalité de la politique américaine, même si elle adhère moins au pouvoir de l’argent et des données dans campagnes outre-Atlantique. C’est d’ailleurs à Harvard, en 2011, qu’elle rencontre Valérie Pécresse venue faire une tournée des universités américaines, qui l’impressionne beaucoup et avec qui elle reste en contact. "C’est une femme qui a une profonde connaissance des dossiers et le courage de faire, sait reconnaitre le travail de ses équipes avec une attention particulière aux jeunes femmes qu'elle pousse beaucoup en politique", témoigne celle qui a bénéficié de son soutien dès la première heure.

Car lorsqu’elle rentre en France, c’est le plus mauvais moment politique, puisque sa famille LR vient de perdre la présidentielle avec l’élection de François Hollande. Mais Valérie Pécresse, qui est ministre sortante du budget et porte-parole du gouvernement, lui propose de collaborer à l’écriture de son livre. Elle rentre alors à son cabinet, la conseille sur les sujets de réforme économique et surtout lance un programme de ciblage, issu des connaissances acquises à Harvard pour les régionales. Une boîte à outils précieuse qu’elle transforme en entreprise de stratégie électorale, Federavox, et qui sera ensuite utilisée pour la primaire de François Fillon. Car son premier plan est couronné de succès : Valérie Pécresse est élue présidente de la région Ile-de-France en 2015, et la recrute comme vice-présidente, aux transports, puis au développement économique et depuis peu, en charge aussi de l’agriculture et de la ruralité.

"Face à la crise historique du coronavirus, l’Ile-de-France a d’ailleurs bénéficié de ses années de bonne gestion budgétaire. La région a pu emprunter 1,3 milliard d’euros sur les marchés pour la relance économique, ce qui n’est pas le cas de toutes les régions", fait valoir Alexandra Dublanche, dont la moitié sont des aides aux entreprises pour leur permettre de passer le coup d’arrêt de la crise. La jeune femme, qui est également maire adjointe de Sartrouville et passe son temps à sillonner son territoire, ne compte pas ses heures. Car la région est confrontée à une crise économique sans précédent, et la jeune femme travaille d’arrache-pied à la mise en œuvre de plans d’action sur des enjeux clé : l’emploi bien sûr (la barre du million de chômeurs va être franchie d’ici la fin de l’année en Ile-de-France), le pouvoir d’achat et la solidarité, ou encore la transition énergétique.

Un engagement politique en forme de sacerdoce, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir deux enfants, nés en pleine campagne présidentielle et régionale. "Prononcer le discours du Trocadéro enceinte de 9 mois a peut-être influencé sa personnalité, qui est assez speed" conclut-elle sur le ton de la plaisanterie.

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