Dirigeants, gouvernance
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ALERTE : L'assemblée des actionnaires de Solocal se tiendra bien demain
Il y a quelques jours un avocat de profession et actionnaire individuel de Solocal a engagé un référé devant le Tribunal de commerce de Nanterre afin de demander un report de l'assemblée générale de Solocal prévue demain à la Mutualité. Défendu par Maurice Lantourne, un ténor du barreau, connu pour avoir souvent été aux côtés de Bernard Tapie, cet actionnaire demandait notamment la communication de documents juridiques et comptables supplémentaires de la part des anciennes "Pages Jaunes".
Le résultat vient de tomber. Et les magistrats consulaires ont décidé de débouter cet actionnaire individuel au motif qu'il ne pouvait faire la preuve qu'il était actionnaire, et qu'il avait donc bien la capacité d'engager une telle action judiciaire. De fait les magistrats n'ont pas pu se prononcer sur le fond du dossier et notamment sur les errements de Solocal en matière de communication financière.
Par exemple, il est assez étonnant que dans le document d'enregistrement universel rédigé le 9 mars dernier, les commissaires aux comptes de Solocal déclarent que : "la société nous affirme qu'elle dispose des capacités de financement pour les douze mois à venir ". Or six jours plus tard Solocal était dans l'obligation de suspendre le paiement du coupon trimestriel de 10 millions d'euros. Ce qui signifie que soit la direction a caché la situation de trésorerie aux Commissaires aux comptes, soit la société est décidément très mal gérée avec un directeur financier, incapable de maîtriser son plan de trésorerie.
Tout cela sera sûrement abordé demain lors de l'assemblée des actionnaires de même que le communiqué publié hier soir par la société annonçant la mise en place de lignes de financement pour un montant de 32 millions d’euros, en lieu de place du Prêt Garanti par l’État "PGE" envisagé. Ce financement se décompose en un prêt de 16 millions d’euros apporté par BPIfrance Financement et l’émission d’obligations pour un montant de 16 millions d’euros souscrites par certains créanciers obligataires qui s'apprêtent à prendre le contrôle du groupe.
Cette nouvelle créance devra être remboursée sur la base d'un montant de 17,7 millions d'euros, soit avec une prime de plus de 10 %. De surcroît, elle portera intérêt à 8 % au profit de fonds vautours qui auront obtenu le contrôle de d'une société très rentable et totalement restructurée. C'est ce qu'on appelle fromage, dessert, café et amuse-bouche…
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