Dirigeants, gouvernance / Lagardère / Amber Capital / Arnaud Lagardère
Dirigeants, gouvernance
Lagardère / Amber Capital / Arnaud Lagardère
Lagardère dans la nasse
Il fallait s’y attendre. Il y a quelques semaines le fonds activiste Amber Capital domicilié à Londres annonçait avoir franchi le seuil des 10 % du capital de Lagardère. Ce qui représentait un doublement de sa participation. Depuis on a appris qu’Arnaud Lagardère entendait coopter au conseil de surveillance du groupe, dont il ne détient que 7,3 % du capital, de fortes personnalités comme Nicolas Sarkozy et Guillaume Pépy afin de faire face à cette offensive et de s’assurer du soutien du Qatar qui détient 13,03 % du capital.
Mais Joseph Oughourlian, le patron et fondateur d’Amber Capital n’est pas homme à se laisser impressionner, il a donc poursuivi ses achats, profitant de la baisse des cours du titre Lagardère, dont l’activité Travel Retail est impactée par la crise coronavirus. Il vient donc de déclarer avoir franchi en hausse, le 26 février, le seuil de 10 % des droits de vote de la société Lagardère et détenir, à cette date, 17 876 939 actions Lagardère, soit 13,63 % du capital et 10,19 % des droits de vote du groupe. Depuis il a encore complété cette participation et détient à ce jour 13,98 % du capital et 10,48 % des droits de vote de cette société.
Par le même courrier adressé à l’Autorité des Marchés Financiers, Amber Capital déclare se réserver d’accroître sa participation, en fonction des conditions de marché, tout en excluant d’acquérir le contrôle de Lagardère. Le fonds fait également la critique acerbe du statut de société en commandite qui protège Lagardère et demande que l’on revoie la gouvernance du groupe. Amber demande donc à ce qu’on lui accorde un ou plusieurs sièges au conseil de surveillance de Lagardère. Son but étant de transformer le groupe en société anonyme, de poursuivre la réorganisation du groupe autour de ses deux branches d’activités leaders mondiaux "Travel Retail" et "Publishing" et de maximiser la valorisation de ses ceux piliers du groupe.
Pour arriver à ses fins Amber Capital ne peut compter que sur une alliance de circonstance avec les Qataris. Mais l’arrivée de Nicolas Sarkozy au conseil de surveillance est faite pour les en dissuader. En revanche d’autres fonds détiennent des parts proches de 5 % au capital de Lagardère, qui pourraient voter les résolutions que ne manquera pas de déposer Amber. La bataille ne fait donc que commencer avec beaucoup d’incertitudes à la clé. Cela faisait longtemps que la question de la gouvernance d’un groupe français n’avait pas été pointée du doigt ainsi. Au point de devoir être réglée par l’assemblée générale des actionnaires.
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