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Soitec / obligations convertibles / Oceane

Soitec profite de la demande en dette convertible

Le fabricant français de matériaux semi-conducteurs a émis une Oceane de 325 millions d’euros à un coupon 0 % et une prime de 45 %.
Soitec
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Le marché des obligations convertibles continue à afficher une forme insolente. Depuis le début de l’année et malgré le confinement, 33 émissions ont eu lieu en Europe, pour un montant total de 19,3 milliards d’euros, contre 15 milliards l’année dernière à la même période. L’émission de Soitec en est le dernier témoignage : le fabricant de matériaux semi-conducteurs a annoncé lundi soir le succès de son émission de 325 millions d’euros d’Obligations à option de conversion et/ou d’échange en actions ordinaires nouvelles ou existantes (Oceane), d’une maturité de 5 ans.

Profitant de la forte demande des investisseurs et de la qualité de la signature de Soitec, les termes de la transaction, sursouscrite plusieurs fois, sont particulièrement favorables : un coupon de… 0 % et une valeur nominale (et de remboursement) de 174,34 euros, soit une prime de 45 % par rapport au cours de référence de son action (de 120,20 euros). La dilution potentielle représenterait 5,5 % du capital du groupe si ce dernier décidait de livrer uniquement des actions nouvelles à la conversion des Oceane, possible à tout moment jusqu’au septième jour précédent l’échéance.

"Soitec bénéficie d’un momentum positif : les valeurs des semi-conducteurs ont peu souffert pendant la correction boursière de la semaine dernière", indique Alexis Le Touzé, responsable ECM France chez BNP Paribas, qui a coordonné et mené l’émission aux côtés du Crédit Agricole et de JP Morgan. Plus particulièrement, l’equity story de la société, dont la Caisse des dépôts détient 11,8 % du capital et 18 % des droits de vote, joue également en sa faveur : à plus de 120 euros, l’action, soutenue par des perspectives favorables, tutoie des sommets qu’elle n’avait plus atteints depuis… 2011. Elle a progressé de 30 % par rapport au 1er janvier. Peu d’entreprises peuvent s’en targuer après le tsunami économique et boursier provoqué par la crise sanitaire : il faut dire qu’elle est bien positionnée pour profiter du développement mondial de la 5G, du véhicule électrique et des objets connectés – bien loin de sa diversification malheureuse, désormais passée, dans le photovoltaïque qui avait envoyé son cours à la cave en 2015 et 2016. Ces perspectives expliquent probablement pourquoi les investisseurs sont prêts à faire le pari d’une flambée de l’action, puisque les Oceane de Soitec ne portent pas intérêt.

Au-delà du cas particulier de Soitec, les émissions d’obligations convertibles se sont enchaînées depuis le début de l’année pour les sociétés de bonne qualité (notées en catégories investment grade), y compris en plein milieu de la crise sanitaire – un dynamisme qui s’est poursuivi les mois suivants. "Depuis le début de l'année, le marché des obligations convertibles s'est révélé très résistant par rapport à ceux du crédit ou des actions. Il correspond à une catégorie particulière d'investisseurs et la double composante action/crédit des obligations convertibles a offert une résilience pendant le premier semestre ; par ailleurs, le regain de volatilité permet une monétisation attrayante pour les émetteurs", explique Alexis Le Touzé. En outre, pour les sociétés qui ne sont pas suivies par les agences de notation, pour lesquelles l’accès au crédit est difficile, une convertible constitue une solution de repli. Elle peut aussi accompagner avantageusement une augmentation de capital (à l’instar de ce qu’ont fait ArcelorMittal ou Dufry), le renforcement des fonds propres permettant d’obtenir de meilleurs termes pour la convertible.

Dans un alignement des planètes favorable, la demande soutenue a rejoint l’offre, sur un marché relativement réduit d’investisseurs spécifiques. "Les tombées de remboursement ces derniers mois et dans les mois à venir encouragent les fonds convertibles à investir sur le marché primaire", explique Alexis Le Touzé.

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