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Soitec inquiète à cause des changes
"There is no smartphone without Soitec, there is no 5G without Soitec". C’est par ces mots que Paul Boudre, directeur général du spécialiste des semi-conducteurs, a voulu défendre les perspectives de son groupe. Et si la publication des résultats semestriels a été l’occasion de confirmer les objectifs donnés en juin, à savoir un Ebitda autour de 30 % contre un peu plus de 31 % précédemment, et un chiffre d’affaires stable pour l’exercice fiscal en cours, le groupe en a profité pour réévaluer l’objectif de chiffre d’affaires de plus de 900 millions de dollars pour l’exercice 2021-2022 (800 millions d'euros, moins qu'annoncé en 2018), à périmètre et taux de change constants. Or, c’est justement cela qui pose problème. Jefferies est par exemple inquiet : le marché des changes a eu un impact plus important que prévu sur les activités du groupe, ce qui ne favorise pas la confiance des investisseurs. Pour Oddo-BHF "l'évolution de la parité euro/dollar devrait nous inciter à laisser nos prévisions inchangées". C’est pourquoi le cours ouvrait en baisse de presque 5 % hier matin, pour clôturer en recul de -1,9 %.
Pourtant, la publication des résultats semestriels avait de quoi plaire. Le chiffre d’affaires résiste relativement bien à la crise, puisqu’il s’inscrit en baisse de 1,6 % à 254,4 millions d’euros et l’Ebitda bat le consensus des analystes établi par Factset, à 77,3 millions d’euros contre 66,1 millions d’euros anticipés. La marge de 30,4 % sur les 6 premiers mois de l’année s’inscrit même en très légère hausse par rapport à l’année 2019-2020 (30,2 %). Mais le bénéfice net, lui, est bien en dessous du consensus de 34,9 millions d’euros puisqu’il atteint 22,2 millions d’euros, perdant 47 % en comparaison des six premiers mois de l’année 2019-2020. Le résultat opérationnel courant, de 37,2 millions d’euros, soit 14,6 % du chiffre d’affaires (51,3 millions d’euros pour 19,9 % du chiffre d’affaires au S1 précédent) a bien été lourdement diminué d’une perte nette de change de 6,4 millions d’euros pour arriver au bénéfice net. L’année passée, c’était un gain de change qui était à noter, de 2,1 millions d’euros. Si cela nourrit les craintes des brokers, Paul Boudre a donné son objectif de chiffre d’affaires sous l’hypothèse d’un taux de change euro dollar de 1,13.
Deux nouvelles viennent toutefois témoigner d’un potentiel de croissance. D’abord, les investissements dans les activités devraient atteindre 135 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice, soit 35 millions d’euros de plus qu'initialement annoncés en 26 millions d'euros de plus qu’en 2019-2020. La R&D devrait en profiter justement "en vue de soutenir la croissance", commente Paul Boudre. La contrepartie étant une augmentation de la charge nette de la R&D de 16 millions d’euros au premier semestre 2019-2020 à 17,5 millions d’euros pour les six premiers mois de cet exercice. Ensuite, l’annonce de recrutement de plus de 200 employés au deuxième semestre, une nouvelle fois pour soutenir la croissance, alors qu’un plan d’allocation d’actions gratuites aux salariés a été mené pour leur dévouement durant la crise. L’autre versant, c’est l’augmentation des frais généraux et administratifs, de 20,2 millions d’euros à 22,7 millions d’euros, passant de 7,8 % du chiffre d’affaires à 8,9 %. En attendant, le groupe a dégagé 102,3 millions d’euros de trésorerie sur les 6 premiers mois de cet exercice fiscal, contre 36,3 millions d’euros au premier semestre 2019-2020, alors que le momentum était bon jusqu’ici. Rendez-vous le 21 janvier 2021 pour le chiffre d’affaires du troisième trimestre.
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