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Macro-économie / Taux / BCE / Prévisions / croissance

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BCE / Prévisions / croissance

La BCE tente de s'expliquer le ralentissement de 2018

Les économistes de Francfort n'avaient pas anticipé le ralentissement économique survenu l'an dernier. Selon eux, il résulte surtout de facteurs temporaires et les fondamentaux demeurent solides.
Mario Draghi
Mario Draghi

Peu d'économistes, et ceux de la Banque centrale ne font pas exception, avaient prévu le ralentissement survenu l'an dernier après une année 2017 plutôt exceptionnelle. La zone euro a affiché une hausse de son PIB de 2,4 % en 2017, soit un plus haut de dix ans, et nombre de prévisionnistes misaient sur cet élan (ou effet de base) lors de leurs premières estimations de croissance pour 2018. Las, au fur et à mesure de l'année les chiffres ont progressivement été revus à la baisse : alors qu'en mars les économistes de Francfort misaient encore sur une croissance de 2,4 % pour 2018, ils ont successivement revu leurs prévisions à 2,1% (en juin dernier), puis 2 % (en septembre) puis 1,9 % (en décembre). Dans son dernier bulletin économique de décembre, la BCE a de fait tenté d'analyser les causes du ralentissement de 2018 et cherché à savoir s'il se prolongerait cette année.

Les très bons chiffres de 2017 ont surpris la plupart des prévisionnistes, rappellent les équipes de Francfort en introduction, et ont principalement résulté d'une accélération du commerce mondial. Ce qui a permis de tirer les exportations de la zone euro vers le haut. Dans le même temps, la demande intérieure elle, est restée plutôt stable par rapport aux années 2014 à 2016. Selon la BCE, le ralentissement de 2018 a largement résulté de facteurs externes et en particulier de la faiblesse de la demande étrangère. Tout comme les exportations ont tiré le PIB de la zone euro en 2017, leur ralentissement des ventes à l'étranger a pesé sur le PIB l'an dernier, estime Francfort. "La dynamique du commerce mondial s'est normalisée alors que la croissance mondiale retournait vers ses niveaux potentiels". Le secteur industriel a été le plus affecté par la chute des exportations tandis que la contribution de la demande domestique à la croissance est restée autour de ses niveaux moyens historiques. Et malgré le repli mondial de la croissance, la consommation des ménages est restée plutôt soutenue, grâce à une bonne dynamique sur le marché du travail et une revalorisation progressive des salaires.

Autres facteurs, temporaires cette fois, qui ont contribué à peser plus que prévu sur le PIB de la zone euro l'an dernier : des conditions climatiques mauvaises, des épidémies et un ralentissement de la production automobile lors du changement de normes d'émissions. L'économie allemande a été particulièrement affectée par ces nouvelles normes, qui ont contraint les producteurs à ralentir leur production afin de ne pas accumuler de stocks de véhicules non testés : le PIB outre-Rhin s'est ainsi contracté au troisième trimestre en raison de cet effondrement temporaire de l'industrie automobile, ce qui a par conséquent affecté l'ensemble de la zone euro.

Le ralentissement de la zone euro l'an dernier ne remet donc pas en question les fondamentaux de l'économie de la zone, qui continue de progresser, conclut donc la BCE. Il aurait même dû être considéré comme la poursuite logique du cycle économique, après une phase d'expansion très forte et rapide, rappelle Francfort. Rappelons que pour le moment, la BCE table sur une hausse du PIB de 1,7 % pour cette année et l'an prochain et 1,5%  en 2021. Pas de récession en vue donc, mais une décélération progressive de la croissance économique. Il reste que les incertitudes liées à l'environnement extérieur (guerre commerciale, ralentissement chinois, montée du populisme) sont autant de facteurs qui pourraient peser sur le scénario de croissance de la BCE. Qui concède qu'elle devra "suivre ces développements de très près cette année" afin d'évaluer leur potentiel impact sur le PIB de la zone euro.

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