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Oceane / Ubisoft / BNP Paribas / Alexis Le Touzé / obligations convertibles
Placement éclair pour Ubisoft / Le marché des convertibles reste ouvert
Les obligations convertibles se révèlent un outil particulièrement adapté aux besoins de certaines entreprises dans des marchés du financement devenus plus tendus. L’exemple d’Ubisoft donne matière à réflexion alors que l’éditeur de jeux vidéo a placé avec succès le 8 novembre des obligations à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles ou existantes (OCEANEs) à échéance 2028, pour un montant de 470 millions d’euros.
Pour l’éditeur de jeux vidéo, cette émission d’OCEANEs "constitue un excellent moyen de lever des fonds, alors que l’entreprise n’est pas notée par une agence de notation de crédit, et que les coûts de financement sur le marché de le dette ont énormément augmenté", explique Alexis Le Touzé, responsable Equity Capital Markets (ECM) chez BNP Paribas, la banque ayant participé à l’opération en tant que coordinateur global associé, aux côtés de Crédit Agricole Corporate and Investment Bank et J.P. Morgan.
"Ubisoft a obtenu à la fois un coupon attrayant et une prime élevée sur le cours de Bourse", ajoute-t-il, des caractéristiques typiques des avantages procurés par les émissions d’obligations convertibles, la vente de l’option de conversion permettant de réduire le coupon.
Les obligations convertibles porteront un taux d’intérêt annuel de 2,375%, tandis que le prix de conversion/d’échange des obligations en actions a été fixé à 39,4563 euros, correspondant à une prime de 47,5% au-dessus du cours de référence. Des conditions très compétitives lorsqu’on pense que l’équipementier automobile Faurecia a placé quasiment au même moment des obligations durables d’échéance 2026 avec un coupon de 7,25%.
Un marché "à fenêtre"
Dans cette opération, Ubisoft a pu compter sur le soutien de Tencent, qui a récemment annoncé détenir directement une participation d'environ 5,5% du capital d’Ubisoft en plus d’être monté à 49,9% du capital de la holding de la famille Guillemot. Le conglomérat chinois a souscrit à l’émission pour un montant de 23,5 millions d’euros, représentant 5% du montant nominal. Il a aussi acquis près de 30% d’un total de 3,1 millions d’actions placées simultanément auprès d’investisseurs qualifiés.
Le produit net de l'émission financera les besoins généraux de la société, et permettra notamment d’accroître la flexibilité financière et de refinancer la dette existante, a indiqué Ubisoft, qui affichait un endettement net de 331 millions d’euros fin septembre. Et ce grâce à une opération de près de 500 millions d’euros réalisée en une soirée.
Alors que le marché de la dette et des émissions corporate peut s’avérer compliqué voire fermé pour certains émetteurs, le marché des convertibles est un marché "à fenêtre" toujours très ouvert. Et "lorsque l’on sait saisir la bonne fenêtre, comme ont sur le faire Elis et Neoen en début d’année, et maintenant Ubisoft, cela fonctionne très bien", souligne Alexis Le Touzé.
La stratégie séduit d’ailleurs aussi outre-Rhin, ainsi que l’illustre une autre émission d’obligations convertibles d’un montant comparable (de 503 millons de dollars) à laquelle vient également de participer BNP Paribas, au profit cette fois de la holding du groupe chimique allemand Evonik.
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