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Macro-économie / Taux / ONU / pays les moins avancés

Macro-économie / Taux
ONU / pays les moins avancés

Pays pauvres : l’alerte de l’ONU

Dans son dernier rapport, un des organes subsidiaires de l’organisation basée à New York explique qu’au sein des pays les moins avancés, 32 millions de personnes pourraient être amenées à replonger dans la pauvreté du fait de la crise économique.

"Le développement des capacités productives dans la plupart des pays les moins avancés a été trop lent pour leur permettre de surmonter les principaux défis de développement et les chocs tels que ceux engendrés par la COVID-19". Le constat établi par Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) - un organe subsidiaire de l’ONU – peut s’illustrer par un seul chiffre : les pays les moins avancés (PMA) vont connaître leur pire performance économique depuis trente ans du fait de la crise économique.

La crise va mettre à bas des années de progrès laborieux réalisés par les PMA dans des domaines sociaux tels que la réduction de la pauvreté, la nutrition et l'éducation, avertit le rapport de la CNUCED. En effet, avec la baisse des niveaux de revenus et les fortes destructions d’emplois, le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté (c'est-à-dire avec un revenu inférieur à 1,90 dollar par jour) pourrait augmenter de 32 millions en 2020 dans ces pays, faisant passer le taux de pauvreté de 32,5 % à 35,7 %. Rappelons que plus de 50 % des personnes frappées d'extrême pauvreté dans le monde vivent dans les PMA et qu’environ 1 milliard de personnes vivent en leur sein. S’ils représentent 13 % de la population mondiale, seulement 1,3 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial est généré par ces pays. En 2019, le PIB moyen par habitant dans les PMA n'était que de 1 088 dollars, contre une moyenne mondiale de 11 371 dollars.

"La pandémie nous a brutalement rappelé l'urgence de développer les capacités productives dans les PMA pour leur permettre de réaliser leur transformation structurelle, réduire leur exposition aux chocs extérieurs et renforcer leur résilience", a expliqué Mukhisa Kituyi. En effet, d'après les données dont dispose la CNUCED, la majorité des PMA sont chichement dotés en capacités productives. L'Indice des capacités productives (ICP) de la CNUCED indique qu'elles étaient 40 % inférieures à celles des autres pays en développement entre 2011 et 2018. Si bien que, "des politiques audacieuses visant à renforcer les capacités productives des PMA devraient constituer un pilier essentiel de toute reprise post-pandémie et de leur stratégie de développement à long terme", a déclaré Paul Akiwumi, directeur de la CNUCED pour l'Afrique et les pays les moins avancés. Ce dernier estime que de telles politiques "devraient stimuler l'investissement pour combler les lacunes de longue date en matière d'infrastructures et soutenir la création d'emplois".

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