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Economie mondiale

Macro-économie / Taux / ONU / Cnuced / PIB / Monde

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ONU / Cnuced / PIB / Monde

L’avertissement de l’ONU à l’économie mondiale

Si le PIB planétaire augmentera plus que prévu cette année, la croissance post-choc affiche un visage plutôt inquiétant à certains égards, selon l’organisation internationale.
Planète - globe - mappemonde - mondialisation
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Le nouveau rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), un organe subsidiaire de l'Assemblée générale des Nations unies, avance que la croissance mondiale sera plus forte qu’anticipé en 2021. Alors qu’elle prévoyait une progression du Produit intérieur brut (PIB) mondial de 4,3 % en septembre dernier, elle attend désormais une augmentation de 4,7 %. Malgré cela, la Cnuced fait ce cruel constat : 10 000 milliards de dollars n’auront toujours pas été recouvrés fin 2021 par rapport au niveau où le PIB mondial se serait situé sans la pandémie. Par rapport à la tendance de l’économie mondiale avant la crise, la perte de revenu réel cumulée pour la planète atteint ainsi 12,1 % sur 2 020 et 2 021 ; on trouve aux deux extrêmes, l’Inde (-27,7 %) et la Corée du Sud (-6,2 %).

Le rebond manifeste de l’économie mondiale en 2021 soulève toutefois l’inquiétude de la Cnuced pour plusieurs raisons. L’Europe et les États-Unis sont visés, entre autres. Concernant le Vieux continent, l’organisation basée à Genève regrette que la reprise soit tirée par les exportations, en ce sens que cela refléterait "l’aversion européenne pour une expansion budgétaire coordonnée et suffisamment forte, tandis qu'elle s'attend à ce qu'une BCE accommodante se charge de stimuler l'économie". En conséquence de quoi, les déséquilibres à l'origine du ralentissement de la croissance qui était déjà apparente avant le Covid-19 émergeront de nouveau, selon la Cnuced. D’aucuns argueront que l’Europe a chassé ses vieux démons en mettant en place un plan de relance budgétaire de 750 milliards d’euros. S’il va dans la bonne direction, "sa taille est trop faible pour faire une réelle différence et les problèmes de mise en œuvre sont déjà apparus", juge la Cnuced.

Et le policy-mix américain d’en prendre également pour son grade. Oui, la politique monétaire conduite par la Réserve fédérale américaine  a certainement contribué à la reprise des dépenses de consommation, mais sans une forte augmentation des dépenses publiques, y compris une forte poussée de l'investissement public, et des mesures visant à augmenter la part du travail dans le revenu total, son impact sur les dépenses d'investissement privé reste incertain, en particulier sous la menace de la hausse des faillites d'entreprises qui augmentera à mesure que la politique monétaire se durcira, estime la Cnuced. Certes, le plan de soutien budgétaire de 1 900 milliards de dollars est encourageant, mais "il contient trop peu de dépenses directes en faveur de la consommation et de l'investissement, qui offriraient la voie la plus sûre vers une expansion de la demande globale et une transition écologique", lit-on dans son rapport.

Enfin, la Cnuced alerte sur la trajectoire de croissance fragile en Amérique latine et en Afrique en raison de la trop forte dépendance aux entrées de capitaux et à la dynamique des matières premières. "La diversification est essentielle pour renforcer la résilience, mais elle nécessite à son tour des investissements importants dans les secteurs public et privé", rappelle-t-elle. Or, elle indique que dans ces deux régions le surendettement issu de la crise financière mondiale s'est encore accru au cours des neuf derniers mois, "ce qui pourrait constituer une contrainte très sérieuse pour une reprise durable, en l'absence d'un soutien multilatéral approprié".

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