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Macro-économie / Taux / Place de Paris / change / Londres / Monde

Macro-économie / Taux
Place de Paris / change / Londres / Monde

La place de Paris tient son rang / La place financière reste tout aussi importante sur les marchés des changes et des dérivés de taux

L’enquête triennale, réalisée par la Banque des règlements internationaux et la Banque de France, montre que la place de Paris conserve une place de choix en ce qui concerne les marchés des changes et de produits financiers dérivés. L'Hexagone se maintient ainsi au 7e rang mondial sur le marché des changes, devant son voisin allemand. Alors même l'activité mondiale en la matière a progressé de 19 % sur la période.    
Paris. Ludwig WALLENDORFF/REA
Paris. Ludwig WALLENDORFF/REA

Paris dame donc le pion à Berlin. La place financière a notamment su tirer profit du Brexit pour conforter sa place de poids sur le Vieux continent. Ce qui n'est pas une mince affaire quand on voit que le volume d'opérations quotidiennes, en ce qui concerne les changes, y est passé de 167 milliards de dollars en 2019 à 214 milliards cette année.

Amélie Robinette, économiste à la Banque de France, rappelle ainsi que la sortie du Royaume-Uni a de fait "conduit plusieurs établissements français et étrangers à relocaliser des activités de gestion de grands comptes depuis Londres" et "a également contribué à conforter l’activité de la place parisienne, en augmentant le nombre d’employés établis en France". Le volume des transactions de plus en plus élevé sur les changes reflète également une maturité des transactions devenue plus courte ; "la maturité des transactions est de plus en plus courte : 80 % ont une maturité inférieure à 1 mois contre 77 % en 2019". Ce qui a un effet mécanique sur le renouvellement des contrats, ces derniers intervenant de plus en plus rapidement et gonflant le volume global d'activité.

 

Ultra-concentré

 

La place de Paris maintient son rang non pas grâce à l'arrivée de nouveaux acteurs mais grâce à la montée en puissance de ceux déjà présents. Un billet sur le site de la Banque de France rappelle que "les acteurs parisiens sont fortement concentrés : 4 entités représentent plus de 70 % de l’activité totale du marché" des changes. Ces mêmes agents qui sont particulièrement "présents sur le compartiment des swaps de change, instrument privilégié pour leur gestion de trésorerie et de couverture contre le risque de change". Une particulière hexagonale puisque "les swaps de change sont utilisés dans 71 % des opérations en France, contre 51 % en moyenne mondiale".


À contre-courant

 

Concernant le marché des dérivées de taux, le notionnel traité y a diminué de 20 % au niveau mondial et de 28 % au Royaume Uni et aux États-Unis en 3 ans. Cependant "l’activité sur plusieurs grandes places européennes a fortement progressé" et l'Hexagone en fait partie avec une hausse de 70 % en la matière. Les places l’Europe continentale pourraient avoir tiré profit des réformes des indices de référence interbancaires.

Amélie Robinette évoque aussi d'autres évènements qui peuvent avoir bénéficié à l'Hexagone, parmi lesquels "la remontée forte et rapide des taux directeurs des banques centrales [qui nldr] a généré un surcroît de demande de couverture à brève échéance" et aussi "le volume élevé des compressions en avril 2022 est à l’origine de nouvelles transactions". Pour rappel il s'agit d'une technique de marché qui "consiste à identifier des positions dont les risques peuvent se compenser et à les remplacer par un nombre réduit de contrats tout en conservant la même exposition résiduelle". De fait pour la France elles ont représenté 23 % des opérations de taux, contre 4 % Outre-Rhin et 6 % Outre-Manche.

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