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Les investissements directs étrangers reviennent à leur niveau des années 90
Selon les données publiées par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), un organe subsidiaire de l’ONU, les flux d'investissements directs étrangers (IDE) ont dégringolé de 42% en 2020 pour atteindre 859 milliards de dollars. Ils se situent ainsi à plus de 30% en dessous du creux de la crise financière mondiale en 2009 et reviennent à leur niveau des années 90.
Concrètement, les pays développés ont connu la baisse la plus forte des IDE, tant en valeur relative qu’absolue ; les flux des IDE y ont chuté de 69% pour s’établir à environ 229 milliards de dollars. Et l’Europe représente 70% de cette diminution. Au sein des économies en développement, les IDE ont baissé de 12% atteignant un montant estimé à 616 milliards de dollars. La dynamique entre les régions en développement a été inégale, avec -37% en Amérique latine et dans les Caraïbes, -18% en Afrique et -4% dans les pays en développement d’Asie. Au total, l’Asie de l’Est, elle, a enregistré un tiers des IDE en 2020. Conséquence de cette contraction mondiale inédite, les IDE des économies en développement pèsent désormais près de trois fois plus que ceux des économies avancées.
À noter qu'au niveau individuel, la Chine a été le plus grand bénéficiaire d'IDE au monde, les flux vers le géant asiatique ayant augmenté de 4 % pour atteindre 163 milliards de dollars. Les industries de haute technologie ont connu une augmentation de 11 % en 2020, et les fusions et acquisitions transfrontalières ont augmenté de 54 %, principalement dans les secteurs des TIC (technologies de l'information et de la communication) et de l'industrie pharmaceutique. "Le retour à une croissance positive du PIB (+2,3 %) et le programme ciblé de facilitation des investissements mis en place par le gouvernement ont contribué à stabiliser les investissements après le blocage précoce", indique le rapport de la Cnuced. L'Inde, autre grande économie émergente, a également enregistré une croissance positive (13 %), stimulée par les investissements dans le secteur numérique.
Et après une année 2020 cauchemardesque, 2021 ne sera pas meilleure pour les IDE malgré le rebond de la croissance mondiale puisqu'ils "vont rester faibles en 2021", prévoit la Cnuced. Si bien que l’agence onusienne escompte une nouvelle baisse de 5 à 10% par rapport à l’année écoulée. Aussi, James Zhan, directeur de la division de l’investissement et des entreprises à la Cnuced, anticipe que "la vraie reprise va démarrer en 2022".
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