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IRA ; IDE ; Compétitivité ; États-Unis ; Union européenne ; Inflation Reduction Act ; Cepii ; Subventions ; Transition écologique ; Protectionnisme

Politique économique / IRA / IDE / Compétitivité / CEPII

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IRA : plus de peur que de mal pour l’Europe / L’Union européenne devrait rester attractive auprès des investisseurs étrangers

Face aux inquiétudes des Vingt-Sept, une étude du Cepii relativise le risque de relocalisations massives d’entreprises aux États-Unis qui pourraient être séduites par les subventions accordées outre-Atlantique par l’IRA. L’Union européenne présente encore de nombreux atouts en termes d’attractivité des investissements directs étrangers.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne (EU-EP/Eric VIDAL/REA)
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne (EU-EP/Eric VIDAL/REA)

Adoptée par le Congrès américain en août 2022, l’Inflation Reduction Act (IRA) a déclenché une véritable vague de critiques et d’indignations au sein de l’Union européenne. Loin d’avoir pour priorité la lutte contre inflation, cette loi protectionniste ambitionne surtout d’accélérer la transition écologique à grands coups de subventions accordées au climat et à l’énergie en échange d’engagements de production locale. Redouté par les industriels du Vieux Continent, le texte serait en réalité bien moins dommageable pour l’économie européenne que ne le laisse transparaître le discours ambiant et pourrait n’avoir qu’une "efficacité limitée", selon une note du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).

 

Trois fronts en un

 

Avec l’IRA, "l’administration Biden a mis en place une politique volontariste de lutte contre le changement climatique, de réindustrialisation du pays avec la sécurité nationale en toile de fond", détaille Antoine Bouët, directeur du Cepii. "Or, essayer d’atteindre trois objectifs avec un seul instrument de politique économique est par nature inefficace, au moins dans une certaine mesure", notamment pour l’aspect environnemental, poursuit le professeur d’économie.

Toujours est-il que la somme de 500 milliards de dollars de subventions devrait être avancée sur la table par Washington. Si le montant semble spectaculaire, il exprime toutefois des dépenses sur dix ans et il faut le ramener au PIB américain pour véritablement apprécier son poids économique. Il représente donc environ 50 milliards par an en moyenne, soit 0,2 % du PIB américain en 2022, ce qui est, en termes relatifs, inférieur aux aides européennes dans le secteur (0,5 % du PIB).

 

Un avantage assorti d’une contrainte

 

"Les craintes européennes vis-à-vis de l’IRA proviennent d’une capacité potentiellement renforcée des États-Unis à attirer les IDE dans les filières vertes", explique Antoine Bouët. Pourtant, les clauses de contenu local du texte confèrent, certes, un avantage fiscal mais sont également assorties d’une contrainte pour les producteurs, celle de respecter des pourcentages de composants locaux dans la production d’un bien et de localiser la production ou l’assemblage du bien aux États-Unis. À cela s’ajoute l’interdiction d’utiliser des matières premières provenant de Chine, d’Iran, de Russie et de Corée du Nord, alors que certains de ces pays sont des fournisseurs extrêmement importants en matière de minerais critiques, indispensables à la fabrication de batteries électriques notamment.

En outre, l’Europe reste encore une destination attractive auprès des investisseurs. "Les déterminants de l’IDE sont multiples et l’UE a des atouts pour attirer les activités de production", souligne l’étude du Cepii. Taille du marché unique, qualité des institutions, des infrastructures, capital humain disponible… tout cela permet au Vieux Continent de rester dans la course. D’autant plus que les États-Unis accordent déjà quelques concessions, notamment à la suite de la visite de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, et de son homologue allemand Robert Habeck à Washington, alors que le directeur du Cepii qualifie "d’erreur majeure" le fait de ne pas avoir inclus dès le départ les "pays amis" au dispositif.

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