Politique économique / Etats-Unis / Union européenne / IRA / Green deal / transition écologique
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Etats-Unis / Union européenne / IRA / Green deal / transition écologique
Un duo franco-allemand à Washington pour défendre l’Europe / Européens et Américains s'expliquent sur l’IRA
L’objectif de ce déplacement à Washington était clair pour Bruno Le Maire et son homologue allemand Robert Habeck, ministres de l’Économie des deux premières puissances économiques du Vieux Continent : défendre les intérêts de l’Union européenne (UE) face à l’Inflation Reduction Act (IRA) et ses 400 milliards de subventions allouées à la transition écologique. "Nous avons besoin d’une concurrence loyale entre les États-Unis et l’Europe", ont appelé de leurs vœux Bruno Le Maire et Robert Habeck.
Les deux hommes ont ainsi multiplié les entrevues, d’abord auprès de Brian Deese et John Podesta, conseillers de Joe Biden, puis Gina Raimondo, secrétaire au Commerce et enfin Janet Yellen, secrétaire au Trésor, avec lesquels ils ont pu mener "des discussions très concrètes et constructives", se félicitant de "progrès substantiels" sur la question. Janet Yellen, quant à elle, a publié un communiqué laconique encourageant simplement l’accélération de la transition énergétique de part et d’autre de l’Atlantique, alors que le tout Washington était focalisé sur le discours sur l’état de l’Union prononcé par Joe Biden mardi soir.
"Transparence totale"
Concrètement, les Européens ont d’abord obtenu des Américains la garantie de communiquer clairement sur le niveau des subventions et des crédits d’impôts accordés aux entreprises américaines. "Il ne peut y avoir de concurrence loyale sans transparence totale", a martelé Bruno Le Maire en conférence de presse, souhaitant à tout prix éviter "une course aux subventions". Ce point est crucial pour l’UE car, sans transparence, la clause d’équivalence qui permet à chaque État membre, pour une question spécifique, de s’aligner sur le niveau de subventions publiques accordées outre-Atlantique, ne peut tout simplement pas fonctionner. Les deux parties ont, en outre, convenu d’assurer un dialogue constant, en particulier sur les investissements stratégiques.
Surtout, le duo franco-allemand a plaidé pour de plus amples concessions concernant les produits européens. Notamment que les véhicules et les batteries électriques ou encore les matériaux critiques (ces minerais et métaux stratégiques pour la transition verte) traités en Europe puissent bénéficier des mêmes soutiens que les pièces fabriquées au Mexique ou au Canada, partenaires d’un accord de libre-échange avec Washington.
Le suivi de l’ensemble de ces engagements devrait s’effectuer sous l’égide d’une task force spécifiquement créée afin de trouver de "nouvelles formes de coopération", voire instaurer "un marché commun pour les produits industriels verts", espère-t-on côté européen. Il reste que les Vingt-Sept se doivent de s'accorder sur la définition et la mise en œuvre de leur "Green Deal" sur la base d’une Europe unie et s’exprimant d’une seule et même voix. "Maintenant, il est temps de décider et il est temps d’accélérer", conclut Bruno Le Maire.
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