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Macro-économie / Taux / Banque de France / taxe carbone / transition écologique

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Banque de France / taxe carbone / transition écologique

Pas de taxe miracle pour le carbone / Aucune taxe carbone satisfaisante n'émerge et pourtant la transition énergétique le nécessite

Le prix mondial du carbone est censé se situer entre 50 et 100 dollars par tonne d'ici 2030, selon le FMI. Ce qui implique de davantage taxer les émissions carbone en volume et d'augmenter le prix moyen de la tonne. Dans un billet récent publié par la Banque de France, il est rappelé que ce prix est aujourd'hui de 3 dollars alors qu'il faudrait qu'il soit a minima de 50 dollars la tonne.
L'utilisation du charbon est loin d'être arrêtée dans les pays avancés. Fred MARVAUX/REA
L'utilisation du charbon est loin d'être arrêtée dans les pays avancés. Fred MARVAUX/REA

"Notre transition écologique en France n’a de sens que si nous mettons en place un mécanisme de taxation carbone aux frontières de l’UE", clamait Bruno Le Maire, déjà ministre de l'Économie, bien avant la réélection d'Emmanuel Macron. Depuis lors la problématique de la taxation du carbone à l'échelle mondiale est elle aussi toujours brûlante et n'en a pas pour autant été résolue. Un billet publié par la Banque de France, signé par Lionel Fontagné, Fabio Grieco et  Pierre-François Weber, rappelle que "plus de 3/4 des émissions ne sont actuellement pas tarifées" et à un prix dérisoire.

Malgré les avancées des institutions internationales ces derniers mois, il semble de plus en plus illusoire que le prix moyen de la tonne de carbone augmente significativement d'ici la fin de la décennie. D'autant plus que le conflit entre la Russie et l'Ukraine, fait qu'une partie du globe doit, à nouveau, avoir recours à des énergies particulièrement polluantes.

 

Coordination

 

Le moins que l'on puisse dire est que le sujet est pris à bras-le-corps par une bonne partie de la planète, la récente "proposition du FMI d’un prix plancher international du carbone" s'ajoutant ainsi au marché carbone mis en place dans l'Union européenne. Néanmoins un risque majeur va continuer à subsister, tant que l’intégralité de la planète n'aura pas le même niveau d'ambition en la matière. C'est ce qui est appelé les "fuites de carbone" provenant des pays les plus ambitieux en la matière qui verraient des pans entiers de leurs économies aller sous des cieux plus cléments. 

Malheureusement les solutions actuelles telle que le "Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) proposé par l’UE", ne parviennent pour l'instant qu'à améliorer la solution pour le marché européen et ne résoudront pas la problématique d'une taxation trop faible à l'échelle du globe. L'élargissement du MACF comporte de plus, aux yeux des auteurs, "des incertitudes sur sa viabilité juridique et pratique et de son absence d’impact sur les émissions globales de GES (gaz à effet de serre ndlr)".

 

Jeu de dupes

 

Si la solution retenue par le FMI est "d’instaurer des prix planchers du carbone qui n’empêchent pas les pays d’aller au-delà s’ils le souhaitent", cette solution ne résoudra pas le problème des fuites carbones ; puisque dès lors qu'un pays sera plus ambitieux en la matière, il en subira les conséquences. Il faudrait de plus convaincre des pays émergents qui ne " tireraient pas davantage économique de leur inaction en raison d’effets négatifs indirects (baisse des exportations vers les pays avancés appliquant une compensation carbone à la frontière)". Or les économistes auteurs du billet sont unanimes : "l’action des seuls pays avancés ne suffit pas à établir une trajectoire d’émissions compatible avec l’Accord de Paris".

Loin du scénario idéal, c'est plutôt les scénarios hybrides qui ont la faveur du FMI et des économistes ; il s'agit notamment du "scénario de solution coopérative a minima avec un prix du carbone restreint aux secteurs à forte intensité carbone pour les pays émergents". Ou encore de travailler davantage sur la question de la redistribution, en direction des pays émergents, des revenus issus de la taxe carbone afin de faire accepter politiquement sa mise en place. Dans l'Hexagone, aucune hausse en la matière n'a été possible depuis le mouvement des gilets jaunes. Signe que le compromis politique est également l'apanage des pays avancés. 

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