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Eramet se relance dans le lithium en Argentine
Les tensions sur les prix du lithium risquent de durer et Eramet l'a bien compris. C'est pourquoi l'entreprise relance la construction de son usine de lithium en Argentine et continue de se diversifier. Le projet avait été suspendu le 19 février 2020, puis mis sous cocon le 8 avril 2020. Cette décision était motivée par le contexte de la crise sanitaire.
La construction redémarrera finalement au premier trimestre 2022. La capacité de production annuelle sera de 24 000 tonnes de lithium et à terme, la production répondrait à 15 % des besoins européens en lithium. Par ailleurs, la taille du gisement permettra d’envisager des extensions ultérieures.
Ce projet demande 400 millions de dollars d’investissement. Il sera financé par Eramet à hauteur de 25 millions de dollars et par Tsingshan, entreprise chinoise spécialisée dans la fabrication de nickel et d'acier inoxydable, à hauteur de 375 millions. Eramet possédera 50,1 % de participation du projet et aura la responsabilité de la gestion opérationnelle, tandis que son partenaire aura les 49,9 % restants. La production sera commercialisée par chacun des actionnaires proportionnellement à leur quote-part de capital. Pour les débouchés, Eramet a indiqué être en pourparlers avec des constructeurs automobiles et des fabricants de batteries européens.
Le groupe dispose de droits miniers perpétuels sur une importante concession de lithium sous forme de saumure, située sur les hauts plateaux andins, dans la province de Salta en Argentine. Le procédé d’extraction utilisé sera "très performant" sur le plan environnemental et "économe en eau" afin de "préserver l’équilibre hydrique de cette région aride". La première usine construite fonctionnera au gaz. Une centrale solaire a également été installée et devrait "monter en puissance", a précisé Christel Bories, présidente-directrice générale d’Eramet.
Atteindre les objectifs de l’accord de Paris sur le climat devrait entraîner une multiplication par six de la demande de minerais d’ici 2040. En effet, "la transition énergétique nécessite beaucoup de métaux pour le stockage et le transport de l’électricité. 75 % des véhicules produits en Europe seront électriques en 2030 et 40 % dans le monde", a expliqué la dirigeante du groupe minier. Le groupe a donc anticipé que la demande mondiale de nickel sera multipliée par deux, celle du cobalt par quatre et celle du lithium par six d’ici 2030. Christel Bories ajoute qu'à l’heure actuelle, il y a pénurie de lithium. D’ailleurs, sur les marchés au comptant, le prix du lithium atteint près de 30 000 dollars la tonne. Cette constatation a amené le groupe à adopter une stratégie de recentrage sur les métaux critiques nécessaires à la construction de batteries. L'extraction devrait avoir un coût de 3 550 dollars la tonne - un montant relativement faible grâce à une technologie offrant un rendement de 90%, contre 50% pour les procédés traditionnels fondés sur l'évaporation - et un taux de rendement interne "très élevé", confie le groupe. C’est pourquoi, sur cette activité en Argentine, la société prévoit un bénéfice d’exploitation (Ebitda) de 165 millions d’euros vers le deuxième semestre 2025.
La Bourse a salué la relance du projet. L'action Eramet caracolait en tête hier de l'indice SBF120, avec une hausse de 4,7% peu avant la clôture.
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