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Energies renouvelables ; Energies vertes ; Transition écologique ; Transition énergétique ; REN21 ; Climat ; CO2

Environnement / énergies renouvelables / transition écologique / REN21 / climat

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énergies renouvelables / transition écologique / REN21 / climat

Malgré l’urgence, une « occasion historique perdue » pour les énergies renouvelables

En dépit d’une croissance record des énergies vertes, la part du renouvelable dans le mix énergétique mondial a stagné l’an dernier. À l’inverse, les États ont continué à subventionner les énergies fossiles (7 % du PIB mondial en 2020). Un véritable non-sens au regard de l’urgence climatique, alerte le réseau d’experts REN21 dans sa dernière publication.
Philippe LOPEZ / AFP
Philippe LOPEZ / AFP

Au niveau mondial, le développement des énergies renouvelables n’a jamais été aussi fort, battant tous les records en termes de nouvelles capacités, de production d’électricité et d’investissements. Le signe qu’une transformation en profondeur du secteur de l’énergie est en marche ? Non, répond le réseau international des énergies renouvelables REN21, qui publie la 17e édition de son rapport annuel. Malgré une croissance inédite de l’éolien et du solaire en particulier, dont la production fournit désormais plus de 10 % de l’électricité mondiale, les énergies fossiles dominent encore largement le système énergétique, à des niveaux équivalents à ceux d’il y a une décennie.

"Après deux ans de pandémie, les grandes nations avaient promis de saisir l'occasion pour amorcer une relance verte, mais cette opportunité ne s'est pas concrétisée. La transition énergétique n'a pas eu lieu", déplore le réseau d’experts qui rassemble des acteurs issus de tous les horizons (scientifiques, pouvoir publics, ONG, industriels).

 

Un "écart alarmant entre les ambitions et les actes"

 

Alors que les températures exceptionnelles de la semaine dernière nous rappellent plus que jamais l’urgente nécessité de la transition bas-carbone et sur fond de guerre en Ukraine couplée à une hausse des prix de l’énergie, les quelques 650 experts à l’origine du Rapport sur la situation mondiale des énergies renouvelables 2022 dressent le constat amer d’une occasion ratée. "Alors qu’en 2021 les gouvernements ont été de plus en plus nombreux à s’engager à atteindre la neutralité carbone, la réalité est que, en réponse à la crise, de nombreux pays recommencent à développer de nouvelles sources de combustibles fossiles, et à en brûler davantage", regrette la directrice exécutive de REN21, Rana Adib.

Avec la reprise économique mondiale, la demande d’énergie est repartie à la hausse, en progression de 4 % en 2021, largement satisfaite par le charbon et le gaz naturel. Ce choix a logiquement entraîné des émissions records de dioxyde de carbone, en hausse de 6 % soit plus de 2 milliards de tonnes de CO2. Et même si cette année la Chine est devenue le premier pays à dépasser le térawatt de capacité de production d’énergie renouvelable, d’importantes sommes ont également continué à être investies dans les combustibles fossiles.

 

Les transports, mauvais élève de la transition écologique

 

Malgré les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, les retards de livraison et la flambée des prix des composants, des efforts importants ont été effectués dans le secteur de l’électricité, où la part du renouvelable atteint 28,3 %, un chiffre similaire à celui de 2020 (28,5 %) mais en hausse par rapport à 2011 (20,4 %). Ce résultat demeure tout de même loin du déploiement nécessaire pour maintenir le cap des émissions nettes nulles de CO2 d'ici à 2050.

À l’inverse, la part des énergies vertes pour le chauffage a quasiment stagné en une décennie, représentant 11,2 % de la consommation finale. Plus alarmant encore, le secteur des transports reste celui où la part d'utilisation des énergies renouvelables est la plus faible, atteignant péniblement les 3,7 %.

"Les énergies renouvelables sont la meilleure option, et la plus abordable, pour contrôler la volatilité des prix. Nous devons augmenter la part des énergies renouvelables et en faire une priorité des politiques économiques et industrielles. On n'éteint pas un incendie avec un lance-flammes", lance Rana Abid.

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