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Il faut aller bien plus loin pour atteindre les objectifs de réchauffement climatique
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et cette fois-ci, le malheur de tous avec la pandémie pourrait faire le bonheur de tous du point de vue des émissions de carbone. Car qui dit confinement et restriction de mouvements, dit diminution de ces émissions. C’est la baisse de la demande qui explique cela. Dans une note, S&P Global Platts Analytics indique s’attendre à ce que la demande mondiale de pétrole baisse de 8,7 millions de barils par jour (-8,4 %) par rapport aux anticipations d’avant Covid-19. Du côté du charbon, c’est une baisse de 4,4 millions d’équivalents barils par jour (-5,7 %) qui est envisagée. Plus globalement, les évolutions macroéconomiques, mais aussi de comportements et de politiques liés à la pandémie, diminueront de 27,5 gigatonnes les émissions de CO2 du secteur de l’énergie entre 2020-2050.
Mais S&P Global est réaliste : "si les chocs dus à la pandémie entraînent une réduction de la consommation et des émissions de combustibles fossiles, ils ne suffiront pas à mettre le monde sur la voie d'un réchauffement climatique de 2 degrés, ni à anticiper le pic de la demande de pétrole, ni à ramener la consommation de charbon à un niveau proche de zéro". Certes, la baisse des émissions de l’année 2020 équivaut au déclin nécessaire d’ici à 2027 dans un scénario d’augmentation de 2 degrés de la planète. Mais des vents contraires existent aussi. Le prix du pétrole n’incite pas à l’accélération dans les véhicules électriques, par exemple. La baisse de la demande en pétrole n’agit pas substantiellement sur la date anticipée de pic, d’ici à 2025, avant laquelle sa consommation mondiale ne diminuera pas.
Pour aller dans ce sens, c’est d’abord le rôle de la puissance publique qui sera essentiel. "L'ampleur et l'orientation des politiques de relance détermineront la croissance du PIB, mais aussi la croissance relative et le type de consommation d'énergie", souligne l’agence de notation. De ce côté-là, des différences majeures existent entre les régions. L’Union européenne ayant par exemple consacré 225 milliards d’euros, alors que les États-Unis doit attendre l’élection présidentielle pour savoir s’ils resteront dans l’accord de Paris, témoignant pour le moment de leur désintérêt pour le sujet.
Autre rôle déterminant, peut-être le principal : les initiatives des groupes qui détermineront la réussite ou non du verdissement de l’économie. "Les grandes compagnies pétrolières pourraient jouer un rôle étant donné leur taille, le commerce du gaz et de l'électricité existant, les opérations de vente au détail de carburant en aval et/ou l'expertise offshore", propose la note. Indéniablement, cela fait écho au changement stratégique majeur récemment opéré par Total.
Enfin, les énergies elles-mêmes doivent amener à la réflexion. Notamment l’hydrogène, qui pourrait s’avérer la clé pour atteindre ces objectifs. Ainsi, comme toutes les crises, celle de la Covid-19 propose une accélération des changements, qui, sous la condition d’être bien accompagnée, pourrait ironiquement s’avérer salutaire à long terme.
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