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Total lance sa mue vers un mix-énergétique

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Total lance sa mue vers un mix-énergétique

Le groupe énergéticien a insisté sur un dividende "soutenable" avec un baril de pétrole à 40 dollars.
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"Les énergies fossiles représentent 90 % du mix énergétique mondial aujourd’hui. On ne va pas faire disparaître tout ça d’un coup de baguette magique ", déclarait Patrick Pouyanné en janvier 2020. S’il a été décrié à l’époque pour son manque de volonté, le PDG de Total a cette fois-ci marqué le coup lors de la présentation de la stratégie et des perspectives de son groupe. "La stratégie de Total vise à se transformer en un groupe multi-énergies en faisant croître de manière rentable sa production d'énergie à partir de gaz naturel liquéfié (GNL) et d'électricité, les deux marchés en plus forte croissance" a-t-il appuyé, tout ceci dans le but de tendre vers la neutralité carbone. C’est donc un tournant stratégique que s’apprête à prendre le géant français, tournant résumé par l’analyste Oddo BHF Ahmed Ben Salem : "Total migre d’international oil company vers le statut d’international mix energy company". 

Dans le détail, Total s’attend à ce que la production d’énergie augmente d’un tiers au cours de la prochaine décennie, passant de 3 à 4 millions de barils équivalents pétrole par jour (mbep/j). Et cette hausse sera répartie à moitié par une augmentation de la production de gaz liquéfié et à moitié par une augmentation de la production d’électricité. Dans le même temps, Total anticipe une baisse de 30 % de ses produits pétroliers. Ces deux dynamiques aboutissent à une modification substantielle des ventes du groupe d’ici à 2030 : les ventes de pétrole devraient alors représenter 30 % de l’ensemble des ventes, celles d’électrons 15 %, celles de gaz naturels 50 % et celles de biocarburant 5 %. En 2019, le pétrole comptait pour 55 % des ventes, alors que l’électricité pour seulement 5 %. Le gaz naturel lui pour 40 %. Pour Patrick Pouyanné, cela correspond à "adapter le schéma de la vente au schéma de la demande".

Et ce schéma, on l’a compris, mise sur une énergie plus propre. Le groupe a rappelé son ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 et de réduire d’ici à 2030 de 30 % ses émissions de "scope 3" (les plus larges) en Europe ; à l'échelle mondiale, il s'est simplement fixé comme objectif pour 2030 de réduire ses émissions. Pour atteindre ces objectifs, le groupe s’engage donc à honorer son ambition de devenir un leader mondial dans le domaine des énergies renouvelables. Il compte s’appuyer pour cela sur une production de 35 GW de capacité brute de production en 2025 (dont déjà 70 % en portefeuille).

Incidence économique et financière

Ce virage vert n’est pas sans incidence sur la structure de financement et financière de l’énergéticien. Ainsi, les investissements dans les énergies renouvelables et l’électricité passeront progressivement de 2 à 3 milliards d’euros par an, soit plus de 20 % des investissements du groupe alors qu’elles ne représentent que 10 % des dépenses de capex entre 2015 et 2020. Un milliard de dollars sera aussi dépensé dans la révolution de la mobilité électrique. Mais, plus que des décisions sur le long et le moyen termes, les investisseurs attendaient des indications sur la fin de l’année et celle à venir. Et le groupe énergéticien a insisté sur un dividende "soutenable" avec un baril de pétrole à 40 dollars. Il a aussi indiqué un taux d’endettement de 23 % à fin 2020 et tendre vers les moins de 20 % comme objectif. Enfin, les investissements seront inférieurs à 12 milliards de dollars en 2020, en raison de l’incertitude avec un accroissement de l’effort sur les coûts qui devrait permettre d’économiser 2 milliards d’euros d’ici à 2023. Dix pour cent des effectifs du siège pourraient ainsi être supprimés. Patrick Pouyanné de préciser que son groupe vise une croissance de son cash-flow de 5 milliards de dollars d'ici 2025 et une rentabilité de ses capitaux propres supérieure à 10 % dans un environnement à 50 dollars par baril. Sur le long terme, ce sont entre 12 et 15 milliards de dollars qui devraient être investis chaque année sous l'hypothèse d'un prix du baril compris entre 50 et 60 dollars.

Le plus important reste que le marché croit dans ce virage du géant énergéticien. Le cours de l’action a clôturé en hausse de 3,07 % hier. Comme le soulignait le PDG durant sa présentation, "ce n’est pas seulement une question d’être responsable vis-à-vis du climat mais aussi de créer de la valeur sur le long terme pour nos actionnaires". Ahmed Ben Salem était d’ailleurs confiant dans la capacité de Total à créer de la valeur grâce à ce nouveau mix. Notamment avec le gaz : "Total a des atouts pour avancer dans ce domaine et créer de la valeur là où les investisseurs sont de plus en plus exigeants. S’il y a eu vraie décote avant la présentation sur titre, une fois que le marché aura intégré et ce que veut faire le groupe, cela va créer une prime par rapport à ses concurrents".

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