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Imerys / Alessandro Dazza / lithium / plan stratégique / minéraux industriels / dividendes
Le nouvel Imerys s'imagine plus dynamique et plus rentable / La mobilité verte comme fer de lance
Ce qui est fait n’est plus à faire. Le nouveau plan stratégique d’Imerys, le leader mondial des minéraux industriels, débute avec un travail de réorganisation du portefeuille d’activités déjà largement entamé. Le groupe dirigé par Alessandra Dazza a récemment lancé deux grandes manœuvres qui vont nettement remodeler ses contours. L’annonce durant l’été de son entrée en négociations exclusives pour la vente de Calderys, son activité de solutions de haute température, pour un montant d’environ 930 millions d’euros, s’est accompagnée en septembre de celle des actifs servant les marchés du papier pour 390 millions d’euros. Mises ensemble, les deux activités dont la vente devrait se conclure respectivement d’ici la fin de l’année et courant 2023, représentent 30% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Des cessions bienvenues, la première activité, très cyclique, servant des industries polluantes, et la seconde subissant un déclin structurel.
Bientôt délesté de ces deux poids, Imerys va se retrouver "idéalement positionné sur des marchés sous-jacents en croissance, soutenus par les grandes tendances de la société", a souligné le groupe à l’occasion de la présentation de nouveau plan stratégique 2023-2025 lors de sa journée investisseurs qui se tenait lundi.
Plus de croissance sous condition
L’entreprise se fixe comme ambition d’atteindre une croissance organique de 3 à 5% par an en moyenne entre 2023 et 2025, davantage que les 2% visés lors de son précédent plan stratégique 2019-2022. Avec une précision néanmoins : cette prévision est conditionnée à "l’absence de ralentissement économique significatif en 2023" qui paraît tout de même de plus en plus probable.
Si la conjoncture économique ne vient pas contrecarrer les plans de l’entreprise, l’accélération de la croissance s’appuiera en tout cas sur "des investissements stratégiques dans des marchés à forte croissance, alignés sur trois grandes tendances". La première, "la mobilité verte et l’énergie", est suivie par "la construction durable et les solutions naturelles pour les biens de consommation".
Que la mobilité verte soit érigée au rang de priorité par Imerys ne surprendra pas. Le groupe fournit déjà deux composants essentiels à l’électrification des véhicules en plein boom : le graphite synthétique et le noir de carbone. Deux minéraux dans lesquels il investit déjà à marche forcée afin de renforcer sa capacité de production de manière à satisfaire la progression à deux chiffres de la demande. Depuis peu, cet axe majeur de développement s'est complété d’un nouveau dessein d'envergure. Le groupe a annoncé fin octobre le lancement de son projet Emili d’exploitation de lithium sur son site de Beauvoir, situé dans le département de l'Allier.
Les résultats que l’entreprise menait depuis plusieurs mois sur le site ont confirmé que le gisement offrait des concentrations et des quantités de lithium très attractives. Imerys vise une production de 34 000 tonnes d'hydroxyde de lithium par an à partir de 2028, qui ferait du groupe un fournisseur de premier plan du marché européen des batteries et lui conférerait un rôle clé dans l'industrie mondiale du lithium. Celle-ci étant évidemment appelée à connaître un essor accéléré alors que les voitures thermiques ne seront plus autorisées à la vente en 2035 dans l'ensemble de l'Union européenne. Le profil de croissance d’Imerys s’en trouvera donc grandement amélioré d’ici cinq ans.
Rachats d’actions
D’ici là, ce projet et les nouvelles capacités de production dans les autres marchés en forte croissance vont nécessiter d’importants investissements. Le nouveau plan stratégique d’Imerys prévoit une enveloppe globale d’approximativement 400 millions d’euros par an entre 2023 et 2025. Pour la financer, le groupe pourra donc s’appuyer sur le produit attendu des cessions d’activités en cours auxquels s’ajoutent "une génération de cash solide". Au premier semestre de cette année, Imerys a généré 213 millions d’euros de cash-flow opérationnel courant net, ayant entièrement couvert des investissements de 181 millions d’euros.
S’il s’annonce plus dynamique, le nouvel Imerys sera aussi plus rentable. Imerys prévoit d’atteindre une marge d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) courant comprise entre 18% et 20% d'ici trois ans, contre 17,4% en 2021 et 16,4% en 2022. Ce dont ne devraient pas se plaindre les actionnaires. Comme le notent les analystes d’Oddo BHF, "pour la première fois, Imerys a aussi introduit la notion de rendement attractif avec une priorité donnée au dividende et surtout des rachats d’actions".
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