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Air Liquide garde le cap

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Publication des résultats / résultats semestriels / plan stratégique

Air Liquide garde le cap

Le deuxième groupe mondial de gaz industriel a réussi à améliorer son bénéfice net de 1,8% au premier semestre, malgré des ventes en baisse, grâce à son programme de réduction des coûts.
Benoit Potier - Air liquide
Benoit Potier - Air liquide

Air Liquide avait snobé la crise au premier trimestre et annoncé le maintien de ses objectifs. Si certains craignaient que le groupe français ait péché par orgueil, ils se sont trompés. Car les chiffres du semestre ont confirmé les attentes. Le résultat net du deuxième groupe mondial de gaz industriel a augmenté de 1,8%, pour s’établir à 1,078 milliards d’euros. Mieux, la marge opérationnelle a grimpé de 100 points de base et a atteint 17,6% sur le semestre. Pour le PDG Benoît Potier, "ce premier semestre hors norme démontre à nouveau la capacité de résilience du groupe dans un contexte sanitaire sans précédent". 

Pourtant, l’activité d’Air Liquide a souffert, comme presque tout le monde, de la pandémie. Son activité s’est réduite de 6,2% sur le semestre par rapport à la même époque de l’année 2019, alors qu’elle s’était très légèrement accrue (0,6%) sur les trois premiers mois de l’année. C’est d’ailleurs bien la dynamique de la pandémie qui explique cette baisse : le confinement s’étant prolongé aux Proche et Moyen-Orient, c’est là que la baisse est la plus rude, avec 7,3%, tandis que l’Asie-Pacifique recule "seulement" de 2,1%, grâce à une reprise rapide de la Chine. L’Europe, en croissance de 0,2%, est quant à elle portée par la santé, qui représente 41% du chiffre d’affaires, qui bondit de 11%. 

C’est finalement grâce à ses économies que le groupe parvient à augmenter son bénéfice en dépit de la baisse de l’activité. D’abord, par la mise en place d’un plan d’économie conjoncturelle (prise de jours de vacances forcée pour les salariés…), avec des mesures "qui ne sont pas tenables dans le temps car se sont des économies de crise ponctuelles " pour Fabienne Lecorvaisier, directeur général adjoint et directeur financier. Ensuite, par le maintien de son programme structurel de réduction des coûts. "Nous sommes toujours dans l’enveloppe des 400 millions sur l’année", précise d’ailleurs Fabienne Lecorvaisier : "nous avons d’ailleurs réussi à produire les 200 millions lors de ce premier semestre ". 

Quelles perspectives ?

Mais un plan d’économie ne constitue pas la vision globale d’une entreprise. D’autant plus que Benoît Potier "est convaincu que la sortie de crise ne se traduira pas par un retour à la normale". Ainsi, si le groupe conserve ses orientations pour 2020 sous les hypothèses d’une reprise progressive non entachée par un reconfinement total (à savoir une augmentation de la marge opérationnelle et un bénéfice net proche de celui de 2019), il doit aussi se projeter dans l’avenir. Avenir marqué par la mutation de trois éléments qui va s’accélérer avec la crise : "la santé va être un secteur fortement impacté avec l’entrée magistrale du digital. Plus globalement, le numérique va faire son entrée dans tous les secteurs industriels. Enfin, la transition écologique va s’imposer plus fortement"

Pour répondre à ces défis déjà identifiés, Benoît Potier a annoncé devant les investisseurs "mettre à jour le plan stratégique de 5 ans" à l’aune de la crise. Le groupe semble toutefois miser sur l’investissement. Et Fabienne Lecorvaisier de souligner justement que le "portefeuille d’investissements sur 12 mois s’élève à 2,9 milliards d’euros, en hausse par rapport aux 2,7 milliards du 31 décembre et à la moyenne de 2,2 milliards d’euros sur les dernières années". Si ce portefeuille est relativement "atypique", en raison d'une proportion de 20% des investissements dans l’électronique alors que ce secteur ne représente que 10% du son activité, il ne prend pas encore en compte un accord annoncé hier. 

En effet, Air Liquide a signé un accord pour acquérir le groupe sud-africain Sasol, plus grand site de production d’oxygène au monde, pour la somme de 440 millions d’euros. L’objectif est d’investir dans le site pour réduire de 30 à 40% les émissions de gaz à effet de serre dans la production d’oxygène d’ici à 2030.

L'évolution très volatile de l'action Air Liquide ce matin témoignait cependant des interrogations des investisseurs. 

 

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