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Atos / résultats semestriels
Atos bénit la commande publique
Atos a été particulièrement protégé en Bourse pendant la crise sanitaire : son action n’a perdu que 1,5% depuis le 1er janvier. Le groupe de services informatiques a été protégé par les contrats pluriannuels propres au secteur, mais il a vu son activité au cours du premier semestre également soutenue par d’importantes commandes publiques, tandis que son bénéfice a été soutenu par une plus-value exceptionnelle. Il n’a ainsi pas eu besoin de dégrader les prévisions annuelles qu’il avait faites au début de la pandémie : une baisse du chiffre d'affaires organique entre 2 et 4% et un taux de marge opérationnelle de 9 % à 9,5 %.
Atos a en effet publié ce matin un chiffre d’affaires en légère baisse au premier semestre (-2,8% à périmètre et change constats, à 5,63 milliards d’euros). La "forte demande" observée par le groupe dans le secteur public/Défense (+6,1% à 1,22 milliard d’euros, dont +9% au deuxième trimestre) a presque compensé les déclins des autres branches (-9% en Industries, -5,6% en Télécoms/médias/techs et -4,3% en services financiers).
Le groupe dirigé par Elie Girard a en effet signé d’importants contrats en high performance computing, principalement "en Europe du Nord avec une institution de prévision météorologique et en Europe centrale avec un centre de recherche". Il évoque également "les volumes plus élevés pour des institutions de l’Union européenne dans les solutions de cloud en Europe du Nord et de nouveaux contrats SAP Hana en Europe Centrale".
Le pôle Secteur public/Défense a soutenu la marge opérationnelle du groupe, qui recule de 110 points de base (pb) à 8%, ce qui correspond à la moyenne des prévisions des analystes – pas de déception donc. Précisément, la marge de la branche publique progresse de 100 pb (à 9,5%), grâce à "un meilleur mix d’activité et de fortes initiatives de réduction des coûts", explique Atos. Les baisses de coûts ont également fortement bénéficié à la marge du pôle Télécoms/médias/techs (en hausse de 380 pb, à 10%). Mais cela n’a pas été suffisant pour compenser l’écroulement de 590 pb de la marge du pôle Industries (à 1,2%) en raison de "contrats en difficulté" et de "la possibilité de ne réduire que partiellement les coûts au cours au cours du premier semestre". D’autres branches ont subi une dégradation de leur marge : -350 pb dans les Ressources/services (à 5,3%), -130 pb pour les Services financiers (11,7%) et -40 pb en Santé/sciences de la vie est stable (10,3%).
Atos reste toutefois raisonnablement optimiste en raison des tendances observées au deuxième trimestre, qu’il considère avoir atteint "un point bas". En témoigne la signature de nouveaux contrats, dont le montant total a progressé de 9,4%, à 6,28 milliards d’euros : le ratio prise de commandes sur chiffre d’affaires a atteint 112% au premier semestre, dont 121% au second trimestre. Le groupe a par exemple signé le mois dernier un contrat avec le département de ressources en information de l’Etat du Texas, tandis qu’il est l’un des fondateurs de Gaia-X, le projet de cloud européen.
Le groupe poursuit également sa politique de croissance externe dans les relais de croissance. Il a ainsi annoncé l’acquisition d’EcoAct, une société de conseil en réduction d’empreinte carbone, et Enonocom, dans la sécurité numérique, notamment pour les objets connectés.
Seule déception majeure pour les analystes, le flux de trésorerie disponible (ou free cash-flow, FCF) : Atos a subi une sortie de 172 millions d’euros (par rapport à +23 millions d’euros au premier semestre 2019), alors que le consensus d’analystes anticipait 40 millions. Le groupe l’explique par "une diminution d’environ 60 millions de l’excédent brut opérationnel" et des "décalages temporaires sur le besoin en fonds de roulement", dont la variation s’est élevée à -407 millions d’euros, contre -269 millions un an plus tôt. Mais le groupe affirme que les effets négatifs sur le BFR "seront récupérés en grande partie au second semestre". Ce qui explique que l’objectif de FCF pour 2020 (entre 500 et 600 millions d’euros) a été maintenu.
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