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Faurecia / Publication des résultats / résultats semestriels
Faurecia souffre mais confirme ses ambitions
Le secteur automobile ne sortira définitivement pas indemne de la crise. Et Patrice Koller, le directeur général de Faurecia, a beau déclarer que "dans un contexte de crise sans précédent liée à la Covid-19, Faurecia démontre son agilité et sa résilience", les ventes démontrent avant tout la violence de la crise. Car la baisse des ventes est colossale: -31,1% en données publiées, -35,4% à périmètre et taux de change constants. Pire, le résultat opérationnel est passé dans le négatif, à -114 millions d’euros, alors qu’il était de 645 millions d’euros au premier semestre 2019. L’équipementier automobile subit de plein fouet les différences de temporalités dans la diffusion de la pandémie. En effet, en Asie, qui représente 24% des ventes du groupe, les ventes ont atteint leur point le plus bas en février et elles ont diminué de 23,2%. En Europe (49% des ventes) et en Amérique du Nord (24% des ventes), les points bas ont été atteints en avril et les ventes ont diminué respectivement de 36,1% et 41,7%. Enfin, c’est en mai que l’Amérique latine a connu le point bas, avec une baisse au S1 de 42,1% (2% de son chiffre d’affaires).
Nécessairement, le résultat en pâtit. Si Faurecia affichait un bénéfice de 346 millions d’euros au premier semestre 2019, il s’agit pour celui de 2020 d’une perte de 433 millions d’euros. Mais le plus éloquent reste le cash-flow net qui dégringole à -1.045 millions d’euros contre les 257 millions d’euros du premier semestre 2019.
Pour autant, Faurecia souligne tout de même l’impact des mesures prises au cœur de la crise :"grâce aux actions de résilience telles que la flexibilisation des coûts de main d’œuvre directs et indirects, la flexibilisation des coûts de fabrication, la réduction des dépenses nettes de R&D et le contrôle strict des frais généraux et administratifs, Faurecia a généré 536 millions d’euros d’économies qui ont atténué l’impact estimé à 1,3 milliard d’euros sur le résultat opérationnel de la baisse des volumes de ventes". Cette résilience sera d’ailleurs au cœur de la stratégie du constructeur puisqu’un budget de restructuration de 230 millions d’euros afin d’optimiser son empreinte industrielle est prévue, en hausse de 100 millions par rapport à l’année précédente. Concernant la trésorerie, le groupe prévoit de réduire les Capex de 40% (132 millions d’euros en 2019) et le budget R&D de 10 à 15%.
Tout cela amène à une révision des objectifs. Pour l’année, et sous l’hypothèse d’une diminution de 15% de la production mondiale au second semestre 2020, une baisse de 25% par rapport à 2019 est envisagée avec 64 millions de véhicules. Il faudra attendre 2022 pour retrouver un niveau 85 millions de véhicules produits, proche du niveau d’avant crise (87 millions). "Avec ces nouvelles hypothèses de production automobile mondiale à moyen terme et grâce à ses initiatives structurelles et de résilience, Faurecia confirme son ambition 2022 de rentabilité malgré des perspectives de ventes inférieures". Les ventes sont donc attendues à 18,5 milliards contre 20,5 milliards avant la crise, mais "l’ambition de marge opérationnelle (est) confirmée à 8% des ventes " et l’ambition de cash-flow à 4% des ventes.
Si le Directeur général se veut plus que rassurant, "à moyen terme, nous nous focalisons sur nos priorités clés dans un nouvel environnement de marché post-Covid et nous sommes confiants quant à notre capacité à atteindre notre ambition de rentabilité et de génération de trésorerie pour 2022 ", les investisseurs semblent partager son point de vue. Alors qu’elle avait plongé à 33,01 euros à l’heure de la publication des chiffres, l’action est depuis remontée à plus de 37 euros. Rendez-vous le 23 octobre pour la publication des ventes du troisième trimestre et une première indication sur la soutenabilité de ces objectifs.
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