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Edenred a pris le bon ticket pour traverser la crise

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Publication des résultats / résultats semestriels

Edenred a pris le bon ticket pour traverser la crise

Le groupe dévoile un chiffre d’affaires opérationnel de 675 millions d’euros sur les 6 premiers mois, soit une baisse en données comparables de 4,8% par rapport à 2019. Il anticipe un retour à une croissance organique mensuelle par rapport à 2019 au second semestre.
Edenred - logo
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La plateforme de services et de paiements française Edenred a lancé tôt ce matin une semaine de publication de résultats semestriels très attendus. Après un premier trimestre relativement bon, les entreprises ont dû affronter les conséquences économiques de la crise de la Covid-19, conséquences dont devraient témoigner ces chiffres. En lançant la partie, Edenred, dont le cours en Bourse avait subitement chuté à 31,8 euros le 16 mars alors qu’il avoisinait les 50 euros 10 jours avant, a donné le ton. Et celui-ci est en demi-teinte : les pertes du deuxième trimestre, très significatives, font plonger le semestre, alors que les perspectives se veulent optimistes sous l’hypothèse d’absence de reconfinement en Europe. 

Car les pertes du deuxième trimestre de la maison mère de Ticket Restaurant sont éloquentes. Son chiffre d’affaires a chuté de 23,6% à 301 millions d’euros, faisant plonger le semestre de 4,8% en données comparables et 10,4% en données publiées par rapport au premier semestre 2019. Bertrand Dumazy, Président Directeur Général, parle "de trois périodes distinctes sur les six derniers mois ". Il décrit ainsi "une croissance à deux chiffres" jusqu’à mi-mars avec une croissance organique de 6,6% au T1, une forte diminution ensuite avant un rebond depuis le déconfinement en Europe depuis juin (seulement -9% contre -19% et -18% en avril et en mai). 

Dans le détail, c’est l’Amérique latine (30% des revenus du groupe) qui tire les chiffres vers le bas, avec une repli de 8,1% en données comparables dans la région sur le semestre (203 millions d’euros) mais une baisse de 20,4% au deuxième trimestre. Au niveau sectoriel, le chiffre d’affaires opérationnel des avantages aux salariés, qui représente 61% du chiffre d’affaires, est en baisse de 8,7% en données comparables, à 412 millions d’euros alors que les solutions de mobilités diminuent de 1,7% et les solutions complémentaires gagnent 11%. 

Malgré cela, "Edenred reste une entreprise bénéficiaire génératrice de cash " selon Bertrand Dumazy. L’Ebitda, en baisse de 12,8% en données comparables, atteint 255 millions d’euros alors que les résultats nets s’établissent à 100 millions d’euros. Chiffre qui résonne avec les décisions prises par le groupe au début de la crise. En effet, un plan d’économie du même montant a été confirmé alors que le plan de solidarité "More Than Ever" a engagé l’allocation de près de 15 millions d’euros à la lutte contre les conséquences économiques de la pandémie, notamment via la protection des travailleurs et le soutien des restaurateurs partenaires. 

Mais, pour le PDG il s’agit surtout d’un "semestre au cours duquel Edenred a fait la démonstration de son leadership technologique et de son agilité" et " a su se montrer réactif et discipliné pour adapter rapidement ses coûts et ses investissements". En 48 heures, 98% des salariés avaient ainsi été passés en télétravail et 9 points de digitalisation ont été gagné en moins de deux mois en Europe. "En un semestre nous avons gagné au moins deux ans de digitalisation" affirme Bertrand Dumazy. 

Cette flexibilité lui permet d’affirmer, à l’aune du rebond de juin, "être confiant dans notre capacité de rebond à court terme". C’est pourquoi le groupe a décidé de se fixer pour l’année 2020 un objectif d’Ebitda compris entre 540 et 610 millions d’euros alors qu’il anticipe un retour à une croissance organique mensuelle par rapport à 2019 au second semestre. Rendez-vous le 23 octobre 2020 pour les résultats du troisième trimestre et une première indication sur cet objectif.

A moyen terme, la crise va, selon le PDG, "servir de catalyseur à une accélération des grandes tendances " sur lesquelles le groupe a justement construit sa stratégie : un monde de plus en plus connecté et digitalisé, le développement du télétravail, des comportements de plus en plus responsables et un plus grand besoin de l’efficacité dans l’utilisation des fonds publics. 

La publication des résultats semestriels intervient alors que l’acquisition du portefeuille de clients d’avantages aux salariés dédiés à l’alimentation au Brésil Cooper Card, devrait être finalisée avant 2020. Interrogé sur sa politique dans le domaine, Bertrand Dumazy a tenu à rassurer : "nous continuons à faire des acquisitions de manière très ciblée, nous avons la capacité à ne pas laisser passer les opportunités qui nous intéressent ". Le PDG de souligner "nous générons du cash et ce cash peut être utilisé à bon escient pour alimenter la croissance d’Edenred". Le groupe a en effet une marge brute d’autofinancement avant autres charges et produits de 207 millions d’euros au premier semestre 2020, à laquelle il faut ajouter une émission obligataire d’un nominal de 600 millions d’euros à 9 ans le 10 juin. 

Si le cours du groupe remontait légèrement après la publication des chiffres, attention toutefois aux anticipations, Edenred n’anticipant pas un deuxième confinement en Europe dont la probabilité, certes faible, augmente. 

 

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