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ADP se dirige vers de nouvelles orientations stratégiques

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ADP se dirige vers de nouvelles orientations stratégiques

Le groupe ADP a dévoilé un chiffre d’affaires en baisse de 46,5% au premier semestre et des pertes de 543 millions d’euros. A Paris, le trafic est en recul de 62% et pourrait retrouver son niveau de 2019 entre 2024 et 2027. 
Augustin de Romanet - ADP
Augustin de Romanet - ADP

Avec le secteur automobile, l’aérien est l’un des plus touchés par les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. Si l’on pense instinctivement aux compagnies aériennes – Ryanair a subi "le trimestre le plus difficile de son histoire " avec une perte nette de 185 millions d’euros – les gestionnaires des infrastructures aéroportuaires souffrent aussi. C’est le cas du numéro un mondial en nombre de passagers, le groupe français ADP, qui publiait hier après bourse ses résultats semestriels. Sans surprise, ils sont éloquents. 

Le chiffre d’affaires consolidé a dégringolé de 46,5% à 1.168 millions d’euros "en lien avec la crise liée au Covid-19, avec un impact important notamment sur les activités aéronautiques et commerciales à Paris, mais également sur le chiffre d’affaires de TAV Airports et d’AIG à l’international ". Car les chiffres de trafic font froid dans le dos : -57,5% avec 48,2 millions de passagers. Pire, Paris Aéroports, qui regroupe les aéroports Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, ont connu une diminution de 62,2%. A Orly, le trafic commercial a même baissé de 100% en avril et mai et 98,3% en juin 2020. Les conséquences sont déjà visibles : l’EBITDA est en baisse de 725 millions d’euros pour atteindre 39 millions d’euros, il reste positif "grâce à un plan d’optimisation engagé sur l’ensemble du groupe" précise le PDG Augustin de Romanet. Le groupe perd finalement 543 millions d’euros sur cette première partie de l’année, bien loin des 250 millions d’euros de gains du semestre passé. 

Pour Augustin de Romanet, "c’est la première fois que le trafic aérien connaît un à-coup aussi brutal et il est avéré que le rétablissement sera très progressif (…). Cette crise comporte des effets économiques structurels sur le transport aérien avec une menace sanitaire persistante. Dans ce nouvel environnement opérationnel et financier, le groupe ADP va revoir ses orientations stratégiques afin de redonner à l’entreprise la capacité de renouer avec une croissance rentable et durable". En effet, les passagers ne devraient pas revenir de sitôt dans les aéroports. Si Philippe Pascal, Directeur général adjoint, souligne que le retour à la normale dans l’espace Schengen est attendu pour l’été 2022, la modélisation à l’échelle internationale est plus incertaine. "Elle relève de trois leviers : la confiance du passager dans la situation sanitaire et l’ouverture des frontières, la logique de la demande avec la crise économique et l’évolution des comportements de consommation et la logique de l’offre avec le recentrage sur les lignes rentables". Les plus optimistes misent donc sur 2025, les moins optimistes sur 2027. 

S’adapter aux évolutions 

En attendant, le groupe prévoit donc de s’adapter à ces évolutions. Déjà, certains projets sont abandonnés, du moins repoussé ou remis en question. Concernant la privatisation, Bruno Le Maire a déclaré "qu’il est probable qu’elle n’intervienne pas avant 2022 ". "Aller céder un actif au moment où il est bas parce qu'il y a moins de transport aérien et que le redressement du transport aérien prendra au moins deux ans, ce ne serait pas responsable vis-à-vis de l'argent des Français " s’est justifié le Ministre de l’Economie. Le Ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a déclaré ce matin reconsidérer la construction d’un quatrième terminal à Paris-Charles De Gaulle. "Le projet de recevoir 40 millions de passagers en plus d’ici 2030 n’est probablement plus d’actualité" a-t-il déclaré, alors que le groupe ADP prévoit une baisse de 63% des passagers sur l’année 2020. 

Parmi les évolutions stratégiques, Augustin de Romanet a par exemple annoncé une division par deux des investissements (entre 500 et 600 millions d’euros par an) par rapport au contrat de régulation avec une part réduite à l’international. Mais le plus important réside autre part : "Le mois de septembre 2020 va se concentrer sur une négociation sociale qui va être exigeante mais exemplaire car nous aurions pu faire le choix d’un plan social avec des départ contraints facilement justifiable au vu de la situation.  Nous avons fait le choix d’obtenir les mêmes économies mais par une méthode différente avec une co-construction avec les organisations syndicales". Celle-ci devrait s’appuyer sur les accords de performance collective, les ruptures conventionnelles et l’activité partielle de longue durée (qui fera bientôt l’objet d’un décret) dans l’objectif d’obtenir une baisse des avantages sociaux et des salaires. Le groupe vise à "retrouver une croissance rentable en trois ans". Assurément, il faudra scruter ADP en septembre pour voir la réaction des syndicats et l’avancée de cette "co-construction", en attendant le 23 octobre et le chiffre d’affaires du T3 pour espérer des bonnes nouvelles. 

 

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