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Airbus paré au décollage après 3 mois de quasi-inactivité
Le coronavirus avait détruit toutes les perspectives d’Airbus pour l’année 2020, alors même que l’avionneur européen allait s'imposer en leader par rapport à son concurrent américain Boeing : ce dernier avait pris du retard pour remplacer ses mythiques 757 et 767 et il souffre énormément de la suspension de vol du 737 Max, suite aux deux crash mortels survenus en octobre 2018 et mars 2019. L'avionneur européen avait donc des perspectives très optimistes, son projet pour l’année 2020 était même d’atteindre les 880 livraisons, notamment grâce à la construction de nouveaux avions à fuselage étroit, le modèle A321XLR, qui aurait pu venir remplacer les Boeing 757 et 767.
Particulièrement fatale pour le secteur aérien, la pandémie mondiale a vite fait déchanter le constructeur aérien européen. Sur le total des 369 commandes passées ces sept derniers mois, 67 ont été annulées. Signe d’une reprise en demi-teinte, l’avionneur enregistre en juillet seulement quatre nouvelles commandes.
Airbus a évidemment souffert de la crise, avec des pertes de 1,23 milliard d’euros sur le semestre, qui l’amènent le 30 juin à annoncer la suppression de 15 000 postes à travers le monde. Mais il faut tout de même à nouveau souligner la bonne gestion des liquidités du groupe, qui, alliée à son avantage compétitif par rapport à Boeing sur les modèles monocouloir, promet un avenir plutôt rassurant. Depuis le 1er janvier 2020, Airbus n’a pas eu un arrêt net d’activité puisque 245 avions ont été livrés. Par ailleurs, si les trois mois de confinement ont été particulièrement rudes, le mois de juillet a été marqué d’une livraison de 49 avions monocouloirs (A220 et A320), preuve de l’intérêt porté actuellement sur ces modèles plus petits, concentrés sur des distances plus courtes. Sur le total des 7539 appareils restant dans le carnet de commandes au 31 juillet (toutes années confondues), on observe d’ailleurs que 6 125 d’entre eux, soit plus de 80%, sont de la gamme A320 (en majorité des A320neo, dernière version sortie par Airbus).
La principale menace pour l’avionneur aujourd’hui réside dans le fait que les autres maillons de la chaîne, que ce soit du côté des fournisseurs ou du côté des compagnies aériennes, ralentissent encore son redémarrage du fait de leurs propres difficultés. Airbus a d’ailleurs émis des avis de défaut de paiement pour les compagnies aériennes qui refuseraient de recevoir les avions déjà construits et les a menacées de poursuites judiciaires. L’avionneur reste cependant indulgent lorsque les avions commandés ne sont pas encore construits, et devrait accorder des délais supplémentaires de paiement et livraison.
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