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ADP redécollera-t-il ?

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Groupe ADP / Aérien

Le trafic aérien redécollera-t-il ?

Les chiffres d’ADP pour le mois d'août, en baisse de 64,9 % sur un an, confirment que la reprise sera très lente. Sans compter que de nouveaux grains de sable, comme une écotaxe, pourraient encore menacer le secteur.
Augustin de Romanet - ADP
Augustin de Romanet - ADP

S&P avait prévenu : le trafic aérien reprendra lentement. Très lentement. L’agence de notation prévoit ainsi un retour aux niveaux d’avant crise au plus tôt en 2024. D’ici là, l’année 2020 devrait subir une baisse de trafic de l’ordre de 60 à 70 %. C’est d’ailleurs vers cet ordre de grandeur que les derniers chiffres de trafic aérien du groupe ADP se dirigent. Ainsi, en août 2020, le trafic total du groupe est en baisse de 64,9 % par rapport au mois d’août 2019. Pour Paris Aéroport seul, la baisse s’élève à 68,8 %.

Si l’on voit le verre à moitié plein, on remarque une amélioration par rapport au mois dernier qui comptabilisait lui une dégringolade de 77,3 % sur un an. Si l’on voit le verre à moitié vide, c’est bien une confirmation des prévisions de l’agence de notation qui se dessine, le trafic du groupe depuis le début de l’année avec ces nouveaux chiffres atteignant une baisse de 61,6 %. Dans le détail, c’est une nouvelle fois l’international qui mine les chiffres de Paris Aéroports, avec un trafic international hors Europe en baisse de 80,9 % et un trafic Europe hors France en diminution de 65,6 %.

Les chiffres de septembre seront donc décisifs pour la santé économique du groupe. D’autant plus que dans ses nouvelles orientations stratégiques présentées lors de ses résultats semestriels, le PDG Augustin de Romanet dévoilait que "le mois de septembre va se concentrer sur une négociation sociale qui va être exigeante mais exemplaire, car nous aurions pu faire le choix d’un plan social avec des départs contraints facilement justifiable au vu de la situation. Nous avons fait le choix d’obtenir les mêmes économies, mais par une méthode différente avec une co-construction avec les organisations syndicales".

Une nouvelle incertitude

Mais, plus encore que la négociation salariale, ce sont encore les multiples incertitudes qui pèsent sur le trafic aérien. Les modifications incessantes des conditions de voyages (quarantaine pour certains, test négatif demandé 48 heures avant le voyage alors même que les résultats arrivent bien souvent en plus que 48 heures…) et le rebond de l’épidémie ont incité les voyageurs à supprimer leur voyage ou ne pas se projeter sur des billets pour le futur. Tous les espoirs semblent ici reposer sur un potentiel vaccin qui, en entraînant la maîtrise totale de l’épidémie, mettrait à terme aux incertitudes.

Or, c’est une nouvelle incertitude qui est venue s’ajouter aux conditions sanitaires, celle de l’écologie punitive. Car parmi les propositions de la convention citoyenne pour le climat se trouve celle d’"adopter une écocontribution kilométrique renforcé" dans le but d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, ou encore "Organiser progressivement la fin du trafic aérien sur les vols intérieurs d’ici 2025, uniquement sur les lignes où il existe une alternative bas carbone satisfaisante en prix et en temps".

Et les avis divergent au sein même de l’exécutif sur la question : Barbara Pompili, ministre de la transition écologique, est favorable à un tel projet de taxe alors même que Jean-Baptiste Djebbari, ancien pilote, s’y oppose fortement. Incertitude sur l’incertitude donc.

Quoi qu’il en soit, La Tribune, a révélé que l’idée d’une écocontribution renforcée consisterait à la faire passer de 1,50 euro à 30 euros pour un vol de moins de 2,000 km en classe économique (180 euros en classe affaires) et 60 euros pour un vol de plus de 2,000 km (400 euros en classe affaires). À coup sûr un grand coup d’arrêt pour la demande. Mais aussi pour l’offre, puisque des chiffres ayant fuité d’un rapport de la Direction Générale de l’Aviation Civile évaluent à 4,2 milliards d’euros par an, qui obligerait de fait les compagnies à réduire leurs effectifs et coûts. Pour autant, on n’imagine mal l’exécutif condamner le secteur par une telle mesure. Finalement, les prochaines semaines seront décisives pour ADP, entre les avancées sur un vaccin contre la Covid-19 et un choix politique du gouvernement.

 

 

 

 

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