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Publications, Résultats / Groupe ADP / Augustin de Romanet

Publications, Résultats
Groupe ADP / Augustin de Romanet

Aéroports de Paris bat tous les records

Les résultats d’ADP dépassent toutes les prévisions et l’installent définitivement comme leader de la gestion aéroportuaire dans le monde. Une bonne raison pour ne pas fragiliser le groupe en le privatisant.
Augustin de Romanet - ADP
Augustin de Romanet - ADP

Malgré les trois mois de grève de la SNCF, malgré la crise des Gilets Jaunes, malgré la grève d’Air France, le trafic du Groupe ADP a progressé de 7,6 % en 2018 pour atteindre 281,4 millions de passagers propulsant le groupe au rang de numéro un mondial de la gestion aéroportuaire en nombre de passagers devant Aena. Si bien que le chiffre d'affaires consolidé (4.478 millions d'euros), a été porté par la croissance des activités aéronautiques à̀ Paris et l'intégration globale de TAV Airports depuis 2017 et d'Airport International Group (AIG) depuis avril 2018 (+4,6 % à 3.137 millions d'euros). Quant au chiffre d'affaires par passager des boutiques côté pistes, il est en légère hausse de 0,6 %.

Tout cela aide à comprendre pourquoi Aéroports de Paris a vu son résultat net atteindre 610 millions d'euros, soit le double de celui de 2013 qui était de 305 millions d’euros. Il faut dire que le résultat opérationnel courant s’est établi à 1.237 millions d'euros, en hausse de 207 millions d'euros, et le résultat net part du groupe s’établit en hausse de 39 millions d'euros.

L'année 2018 a vu s'accélérer les grands travaux d'infrastructures prévus dans le cadre du Contrat de Régulation Économique pour la pé́riode tarifaire 2016-2020 nécessaires pour accueillir le trafic en croissance. Elle a également vu le déploiement de la stratégie du Groupe ADP sur le plan international avec la prise de contrôle d'Airport International Group, concessionnaire de l'aéroport international d'Amman en Jordanie. TAV Airports affiche ainsi d'excellents résultats grâce notamment à une croissance du trafic de 10,4 % et à l'acquisition de la société de gestion de l'aéroport d'Antalya en mai 2018.

Sur le plan des charges Augustin de Romanet se montre aussi bon gestionnaire qu’à la Caisse des Dépôts avec une économie de 220 millions d’euros de charges annuelles sur cinq ans. De fait il va pouvoir investir 50 % de plus entre 2016 et 2020 qu'entre 2010 et 2015 sur le secteur régulé. Et pourtant les tarifs d’ADP avaient augmenté de 14 % entre 2010 et 2015 contre 4 % seulement entre 2016 et 2019.

De fait, le rendement des capitaux engagés d’ADP a atteint dès 2018 le niveau cible de 5,4 % correspondant au moyen pondéré du capital du Contrat de régulation économique. Niveau qu’Augustin de Romanet s'était donné pour objectif d'atteindre en 2020 (par rapport à 3,8 % en 2015).

Tous ces éléments permettent d'envisager l'avenir avec sérénité, avec des investissements en forte croissance qui n’obligeront pas le groupe à pratiquer de fortes hausses de tarifs sur la période 2021-2025.

Tout cela autorise le groupe à prévoir pour cette année une hypothèse de trafic en nette hausse, un résultat opérationnel consolidé retraité en progression de 1 à 5 % et le maintien d’un taux de distribution correspondant à 60 % du résultat net part du groupe. En mai prochain l’assemblée générale des actionnaires proposera la distribution d’un dividende de 3,70 euros, qui fera tomber 183 millions d’euros dans l’escarcelle de l’état. C’est dire s’il serait bien bête de privatiser le groupe. Il semble d’ailleurs hésiter de plus en plus et reculer l’échéance au moins à l’année prochaine.

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