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Vinci / Groupe ADP
Vinci est un hémiplégique en pleine santé
D’emblée Xavier Huillard, le patron de Vinci, a commenté les résultats de Vinci pour 2018 en soulignant la particularité de son groupe : à savoir qu’il repose sur deux jambes : l’une énorme et peu rentable et l’autre plus modeste en chiffre d’affaires et très rentable. Ce qui pour lui "traduit la solidité du modèle concessionnaire-constructeur du groupe tant en France qu’à l’International".
Vinci est donc une sorte d’hémiplégique en très bonne santé avec un pôle "contracting", c’est-à-dire bâtiment et travaux publics qui représente 82 % de l’activité et seulement 28 % du résultat net. Et cette activité originelle de Vinci issue de la Société Générale d’Entreprises a vu son résultat net part du groupe progresser de 7 %, alors que le pôle concessions voyait le sien afficher une croissance de son bénéfice deux fois plus importante (13,9 %) avec une performance incroyable pour les concessions aéroportuaires (+34,8 %). Cela signifie que c’est une toute petite partie de Vinci qui tire la rentabilité de l’ensemble.
De fait les résultats consolidés n’ont pas grande signification, et on pourrait se demander si une scission du groupe n’aurait pas plus de sens. Malgré tout l’an passé le chiffre d’affaires de Vinci a progressé de 8,1 % à 43,5 milliards d’euros, mais de 3,3 % seulement à éléments comparables. Son résultat opérationnel a tutoyé les 5 milliards d’euros. Ce qui correspond à une marge opérationnelle en progression à 11,5 %. Quant au résultat net part du groupe, il a flirté avec la barre des 3 milliards d’euros en hausse de 8,6 %.
Si l’activité autoroutière n’avait pas été gênée par le mouvement des gilets jaunes, le résultat aurait été bien supérieur, puisque le trafic de Vinci Autoroutes était en hausse au cours des trois premiers trimestres avant de s’inverser à partir de la mi-novembre.
À la lecture de ces comptes, on comprend aisément l’intérêt pressant que Vinci porte à la privatisation d’Aéroports de Paris. Une privatisation qui coince au Sénat à l’heure actuelle, notamment à droite de l’échiquier. Une privatisation que Bruno Le Maire tient toujours pour acquise cette année. Mais selon les informations de WanSquare, l’Élysée aurait d’ores et déjà décidé de ne pas y toucher avant 2020. Ce qui laisse encore un petit espoir pour Xavier Huillard, dont le mandat prend fin au printemps 2022, de réaliser son rêve. Pour l’heure, le marché attend surtout de lui qu’il précise qui lui succédera parmi les barons de Vinci.
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