WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Fusions, Acquisitions / Vinci / Brexit / europe

Fusions, Acquisitions
Vinci / Brexit / europe

Début d’année maussade pour les M&A en Europe

Au cours des six premières semaines, la valeur des fusions et acquisitions a chuté de 35 % en Europe à 37,8 milliards d’euros. En cause le Brexit, et l’issue incertaine des élections européennes.
Banque de France - BDF
Banque de France - BDF

Selon les banquiers d'affaires que nous rencontrons régulièrement, le marché européen des fusions et acquisitions va sans doute connaître un net ralentissement en 2019 en raison du ralentissement économique, de l'instabilité politique, du contrôle réglementaire rigoureux des fusions et de la crainte d'une hausse des coûts financiers.

Au cours six premières semaines de cette année, la valeur des transactions annoncées en Europe a chuté de 35 %, à 37,8 milliards d'euros, selon les données de Refinitiv et de Goldman Sachs. Parmi les principales opérations on retiendra surtout l’offre de DSV sur le suisse Panalpina, d'une valeur de 4 milliards de francs suisses (3,52 milliards d'euros). Bien qu'il s'agisse d'une très courte période pour faire la moindre extrapolation sur l’ensemble de l’année, les analystes soulignent que le rythme des opérations financières a déjà subi un ralentissement au second semestre 2018.

La première raison tient sans doute à l'incertitude du Brexit. Il n'y a toujours pas d'accord entre Londres et Bruxelles sur la manière de le mettre en œuvre, ce qui laisse les gestionnaires sans visibilité sur l'accès mutuel futur qui existera entre les marchés britanniques et le reste de l'Europe. Jusqu'à présent cette année, la valeur des acquisitions de sociétés britanniques a été de 10,6 milliards d'euros, en baisse de 48 %. Le dernier mouvement significatif dans le pays a été l'acquisition de la majorité de l'aéroport de Londres Gatwick par le groupe français Vinci, fin décembre, pour un montant de 3,3 milliards d’euros. Gatwick est une infrastructure qui, malgré le risque initial d'un Brexit chaotique, devrait dynamiser son activité à moyen terme en raison de la nécessité d'avoir plus de lignes aériennes dans le sud de l'Angleterre.

Outre le Brexit, il existe d'autres incertitudes politiques en Europe, telles que les élections au Parlement européen en mai, qui conduiront à la nomination d'une nouvelle Commission. Bruxelles vient de mettre son veto à la fusion d'Alstom et de Siemens et examine actuellement le rachat des actifs de Liberty par Vodafone en Allemagne et dans d'autres pays, tandis que la concurrence britannique regarde le projet d'intégration des supermarchés Sainsbury's et Asda à la loupe.

De fait les banquiers d'affaires estiment que certains groupes pourraient réfléchir à deux fois avant de chercher à fusionner pour faire face à de nouveaux concurrents dans leur secteur, car l'évolution du marché par la technologie ou l'arrivée de concurrents d'autres continents ne semblent pas modifier la doctrine des autorités antitrust. Un autre facteur décisif est le ralentissement du taux de croissance de l'économie européenne. La Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2019, les faisant passer de 1,9 % à 1,3 %.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article