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Augustin de Romanet / ADP / privatisation

ADP : le PDG va dans le sens du gouvernement

Le Groupe aéroportuaire salue une bonne performance semestrielle, ce qui devrait donner encore de la matière aux ennemis de la privatisation. Mais si l'on regarde de plus près, il n'est plus rationnel pour l'État de conserver une participation si élevée, ni pour ADP d'ailleurs.
Aéroport de Roissy CDG - ADP
Aéroport de Roissy CDG - ADP

ADP a publié hier soir ses résultats du premier semestre et salue de bonnes performances sur l'ensemble de ses activités. Le premier groupe mondial de la gestion aéroportuaire publie un résultat net part du groupe de 250 millions d'euros. C'est 22 % de plus sur un an. Et un Ebitda de 764 millions d'euros, en hausse de près de 11 %. Le chiffre d'affaires consolidé s'établit à 2,185 milliards d'euros, en hausse de 17 % par rapport aux six premiers mois de l'an passé. Ce qui lui fait naturellement revoir à la hausse certaines de ses prévisions pour l'année en cours, en particulier sur la croissance du trafic de Paris Aéroport, comprise désormais entre +3 % et + 3,5 %, contre une fourchette de +2,5 % et + 3 % avant cela.

D'un côté, ces bons résultats devraient donner de la matière aux ennemis de la privatisation, selon lesquels il faut éviter une situation de rente sur ce monopole de fait, qui doit rester la propriété de la collectivité. D'autant plus que les revenus des galeries commerciales et autres duty free sont bons. Et le Groupe évoque le maintien du taux de distribution de 60 % aux actionnaires du résultat net part du groupe pour l'année en cours. Soit 300 millions d'euros si ADP poursuit cette belle trajectoire sur le reste de l'année 2019.

Mais d'un autre côté, il faut dire que ce n'est pas non plus l'eldorado financier pour l'État actionnaire d'un peu plus de 50 % des parts. Les dividendes qu'il recevra sont d'ailleurs bien inférieurs à ce que la rentabilité annuelle du Fonds pour l'innovation lui promet. Ce fonds prochainement nourri des cessions et des privatisations, qui doit atteindre jusqu'à 10 milliards d'euros. Alors oui, il faut encore attendre le résultat du RIP, dont le nombre de signatures peine à décoller en pleine saison estivale. Mais les chiffres sont là, pour prouver, en tout cas d'un point de vue économique, que l'État a tout intérêt à vendre !

Et c'est aussi dans ce sens que le PDG d'ADP Augustin de Romanet a choisi de s'exprimer ce matin. "C'est vrai que le fait qu'on ait obligatoirement un actionnaire qui reste à plus de 50 % ne nous autorise pas forcément les croissances externes telles qu'on voudrait les faire notamment pour l'échange d'actions". De fait, l'appétit historique de l'État français pour les liquidités du Groupe entrave les programmes d'investissements, estimés à près de 6 milliards d'euros d'ici 2025 si ADP souhaite parvenir à l'objectif de 450 millions de passagers, dont 150 en île-de-France.

De sorte que si l'on y regarde de plus près, il n'est plus dans l'intérêt de l'État de conserver une participation si importante du Groupe. Comme il n'est plus non plus dans l'intérêt d'ADP de garder cette structure actionnariale.

 

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