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Régulation / Concurrence / ADP / EDF / atb / privatisation / Emmanuel Macron

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La valse des privatisations polémiques

Après EDF et Aéroports de Paris, c'est au tour de la privatisation d'Aéroport de Toulouse-Blagnac de faire l'actualité. La cession controversée au Chinois Casil Europe refait surface.
ADP - aéroport d’Orly
ADP - aéroport d’Orly

C’est une nouvelle épine au pied du président Emmanuel Macron : celle concernant le rejet hier par la Cour administrative d’appel des décisions portant sur la sélection des candidats au rachat polémique des parts de l’État de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac il y a cinq ans, lorsqu’il était ministre de l’Économie.

“Nous avons choisi l'investisseur pertinent pour le développement de l'aéroport, celui qui avait le meilleur plan d'affaires et qui proposait la meilleure valeur pour la société de gestion”, avait-il déclaré au moment de la cession de 49,9 % des parts d’ATB pour un montant de 308 millions d’euros au Chinois Casil Europe. Les faits lui ont donné tort. D’abord, l’investisseur a préféré faire les poches d’ATP plutôt que de l’aider à se développer : au seul titre de 2018 l’assemblée des actionnaires a voté la distribution de près de 14 millions d’euros de dividendes, soit l’intégralité du résultat net annuel. Deux fois plus qu’en 2017, quand 1,5 million avaient été tirés directement des réserves financières de l’aéroport.

Ensuite, ces trois dernières années ont été marquées par une hausse significative des vols de nuit, faisant exploser les plaintes de riverains pour nuisances sonores. Sans compter les problèmes linguistiques relevés rapidement par la Cour des comptes : "le comité des rémunérations, des nominations et de la gouvernance est présidé par un représentant de Shandong Hi-Speed, qui ne parle ni français, ni anglais." En janvier dernier, l’on apprenait que l’actionnaire majoritaire souhaitait (déjà) revendre ses parts. Une opportunité inespérée pour l’État de reprendre la main sur l’Aéroport avec l’aide des collectivités…

La Cour d’appel reproche aujourd’hui à Casil Europe de s’être délaissé de son associé SNC Lavalin lors de l’offre finale faite en 2015, comme cela avait été conduit lors de l’offre indicative. Sa décision n’a pas d’impact en elle-même sur l’application du contrat passé entre l’État et Casil Europe. Mais cette actualité fait perdre encore un peu plus de crédibilité au gouvernement d’alors sur le bien-fondé de la cession à cet actionnaire sans expérience, et plus généralement sur le bien-fondé des privatisations d'industries stratégiques. Et devrait retarder la vente des parts du Chinois à son acheteur potentiel, qui ferait mieux d’y regarder à deux fois avant de signer. D'autant plus que Casil Europe ne vendra pas pour moins de 450 millions d'euros, voire 500 millions.

Orchestrée par la banque Lazard, l'opération est sollicitée par Vinci Airports, Eiffage ainsi que la société de capital investissement Ardian. Le repreneur devra avoir les reins plus solides que Casil Europe pour tenir la première liaison d’Europe avec 2,3 millions de passagers et le premier aéroport Business de France.


 

 

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