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Le nouveau drapeau tricolore d'EDF
Flamanville, qui devait être le flambeau de la nouvelle ère nucléaire d'EDF, va devoir faire de nouveaux travaux. Le chantier, qui avait été lancé il y a plus d'une décennie, tourne au cauchemar. La facture sera établie au triple de ce qui était initialement prévu, à 11 milliards d'euros, et pourrait encore s'alourdir, sur fond d'un endettement à 33,4 milliards d'euros. Ce qui ne va pas rassurer les investisseurs. Mais de toutes les façons, ils ne sont déjà plus intéressés.
Les controverses se sont accumulées depuis que le gouvernement Villepin a cédé 16,3 % du capital d'EDF il y a quinze ans. Sans parler de ce que coûtera au groupe le démantèlement des centrales nucléaires - dont il n'a de cesse de minorer les montants -, et des tarifs régulés, qui ont plombé les comptes. Et EDF, qui semble avoir perdu toute estime de lui-même, est même allé jusqu'à vendre deux réacteurs nucléaires au Royaume-Uni. EDF conservera l'exploitation des centrales, mais vendra leurs produits à des prix régulés, pour une marge ridicule. En haut lieu, tout le monde le sait, le projet est irrationnel.
Côté politique, ce n'est pas mieux. L'État ose râler quand EDF annonce augmenter ses tarifs, terrifié à l'idée de passer, encore, pour l'ennemi du peuple. Cette même société, dont près d'un cinquième du capital est coté en Bourse et qui doit montrer des résultats aux investisseurs. Mais l'État ne pourra pas satisfaire à la fois les actionnaires et les contribuables, et devra finir par choisir. Car si cette société détenue à plus de 80 % par l'État continue de suivre cette feuille de route, nul doute que la colère finira par gronder. Preuve en est la révolte des habitants de Fessenheim en 2016, après que François Hollande a fait la promesse (trahie) de sa fermeture. Et la fuite des acheteurs pour reprendre les parts bientôt en vente.
Quant au plan historique de découpage d'EDF en deux entités distinctes, un EDF "bleu" et un EDF "vert", c'est la représentation historique des salariés que l'État oublie. Le premier bloc qui rassemblerait le nucléaire, les barrages et les lignes très haute tension, serait totalement détenu par l'État, alors que la filiale verte qui regrouperait les activités commerciales, les services et le renouvelable, verrait son capital ouvert au privé.
Mais là encore, c'est tout le pan social que le gouvernement Philippe met de côté. La CGT, la CGC, la FO et la CFDT ont publié un communiqué commun à l'intérieur duquel ils dénoncent la désintégration-privatisation du groupe. Ce plan dit "Hercule", qu'ils qualifient pour leur part de meccano capitalistique. En fait, ce n'est pas un super-héros à deux jambes qu'il va falloir créer, mais bel et bien un trépied, qui aura la particularité d'être singulièrement bancal.
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