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Aérien : face aux turbulences, les compagnies bouclent leur ceinture
Le titre Air France-KLM n’a pas échappé au marasme des marchés lundi, perdant plus de 9 % en l’espace d’une seule séance, soit un plus bas depuis plus de trois ans. Pourtant, la compagne franco-néerlandaise a dévoilé ce matin des chiffres de trafic très corrects pour février, au regard de la situation : une baisse de 0,5%, soit 7 millions de passagers, qui a surtout été marquée par l’Asie (-25%). Mais c’est à partir de maintenant que les choses se compliquent vraiment, a reconnu le groupe dirigé par Benjamin Smith, qui a par conséquent décidé de réduire la voilure. Air France-KLM a ainsi annulé pas moins de 3.600 vols pour le mois de mars, soit 13% de ses vols long-courriers, 25% de ses lignes en Europe et 17% du réseau domestique.
La propagation du virus et le coup d’arrêt sur les voyages en avion ont d’ores et déjà été chiffrés par Air France-KLM : 150 à 200 millions d’euros sur son résultat d’exploitation entre février et avril 2020. Si bien que lors d’un courrier interne, la directrice générale d’Air France Anne Rigail, n’y est pas allée par quatre chemins, évoquant une "situation d’urgence économique qui peut nous rappeler de précédentes crises, telles que celle du 11 septembre 2001, ou encore la crise financière mondiale de 2008". La Commission européenne devrait néanmoins annoncer la suppression des sanctions lorsqu’elles n’assurent pas leurs créneaux de vols dans les aéroports, afin de permettre aux compagnies de réduire leurs capacités sans frais supplémentaires.
Car la menace est comparable aux pires heures de la dernière crise financière pour le transport aérien, premier secteur impacté directement par le coronavirus. Selon l’Association Internationale du Transport Aérien, les compagnies pourraient perdre entre 63 et 113 milliards de dollars de chiffre d’affaires, la dernière estimation se basant sur un scénario de contamination de la plupart des pays mondiaux, qui est de plus en plus probable. Le virus a déjà fait sa première victime dans l’industrie : la compagnie britannique à bas coûts Flybe, qui a déposé le bilan jeudi dernier. La compagnie norvégienne low-cost Norwegian Air a elle aussi annoncé l’annulation de 3.000 vols, soit 15% de ses capacités, entre mars et juin ce matin. L’allemande Lufthansa a indiqué qu’elle comptait réduire de moitié la fréquence de ses vols et songe à clouer au sol ses 14 A380.
Si l’épidémie n’a pas encore touché autant les Etats-Unis, ce n’est qu’une question de jour. Après avoir noté une baisse de la demande prolongée sur les prochains mois, les compagnies américaines ont aussi décidé de réduire la voilure sur la durée mardi. American Airlines va ainsi réduire de 7,5% ses vols domestiques graduellement et de 10% ses vols internationaux d’ici à l’été. Delta a pris des mesures plus drastiques, portant sur 15% de ses vols domestiques et 25% de ses destinations internationales. La compagnie va suspendre ses embauches, offrir des plans de départ volontaire, suspendre ses rachats d’actions et reporter 500 millions de dollars de capex. Enfin, la compagnie low-cost Southwest Airlines a été la plus alarmiste : son CEO Gary Kelly, qui avait déjà anticipé une perte de 300 millions de dollars de revenus en mars, a comparé cet épisode au plus grave défi depuis le 11 septembre, et même "pourrait être pire". Il a décidé de réduire sa rémunération de 10 %. Seul lot de consolation : l’effondrement des prix du pétrole, qui va réduire les coûts, une réduction de facture estimée à 3 milliards de dollars par American Airlines.
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