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Publications, Résultats / Safran / Aéronautique / Airbus

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Safran / Aéronautique / Airbus

L'aéronautique rassure dans sa gestion du cash

Qui l'eût cru : malgré des résultats lourdement affectés au premier semestre, Airbus et Safran ont rassuré les investisseurs quant à leur capacité à protéger leur trésorerie et limiter l'hémorragie de liquidités.
Airbus A321XLR ALC
Airbus A321XLR ALC

C’est une véritable purge, encore plus importante qu’anticipée, qu’a subie le secteur aéronautique au premier semestre avec l’arrêt du trafic aérien mondial. Avec l’hémorragie de cash que subissent les avionneurs et leurs équipementiers, les coupes de production et arrêts de programmes se multiplient. Mais pourtant, certains éléments montrant qu’il y a un pilote dans l’avion suffisent à rassurer les investisseurs. Dans le contexte de crise sanitaire et ses conséquences économiques, les mots magiques sont la trésorerie et le cash.

Airbus a publié ce matin une perte opérationnelle de 1,23 milliard d’euros au premier semestre, un montant pire que ne le craignaient les analystes, dont le consensus s’établissait à 1,03 milliard. Le groupe européen a dû passer une charge de 332 millions d’euros suite à l’arrêt de l’A380 en 2021 et une charge de 900 millions en raison de la pandémie. La perte nette, elle, s’envole à 1,9 milliard, tandis que le chiffre d’affaires s’écroule de 55%, à 8,3 milliards d’euros, alors que les analystes s’attendaient en moyenne à 8,55 milliards.

Mais les investisseurs attendent surtout un message rassurant sur la consommation de liquidités, en particulier au deuxième trimestre (le plus affecté par les mesures de confinement) et en prévision du second semestre. Sur ce plan, Airbus, qui a annoncé un plan de réduction d’effectifs massif le 1er juillet, a tout à fait été capable de répondre aux attentes : "La consommation de cash est beaucoup moins forte que prévu ", confirment les analystes d’Oddo BHF. Le flux de trésorerie disponible (ou FCF) est négatif de 4,4 milliards d’euros au deuxième trimestre (après 4,4 milliards également au premier, sans compter son amende exceptionnelle de 3,6 milliards) ; le montant est impressionnant, mais le consensus tablait sur -5,1 milliards… Un chiffre qui "montre une gestion solide de la part de la direction", notent les analystes d'UBS. En outre, les réserves de liquidités du groupe sont importantes : 30 milliards d’euros au 30 juin. Et plus rassurant encore, Airbus s’estime en mesure de ne plus consommer de trésorerie au second semestre, grâce à la réduction des cadences décidée en juin sur l’A350 (de 6 à 5 appareils par mois). "Si la durée de la crise reste incertaine, l’ajustement des cadences de production réalisé est, à nos yeux, suffisant pour refléter la demande et la restructuration en discussion positionnera Airbus favorablement pour la sortie de crise", estime Oddo BHF. Ce d’autant plus que l’avionneur dispose d’un avantage compétitif certain sur Boeing dans les monocouloirs, appelés à être les grands gagnants du monde post-pandémie.

C’est la raison pour laquelle, malgré des comptes très dégradés dans un secteur qui mettra du temps à se relever, l’action Airbus s’est envolée de 6,3% en matinée…

Il s’est passé exactement la même chose pour le français Safran – l’un des plus grands motoristes mondiaux et principal fournisseur d’Airbus grâce à son joint-venture avec General Electric. Il affiche lui aussi des comptes semestriels lourdement affectés : un chiffre d’affaires en recul de 28% (à 8,8 milliards d’euros), un résultat opérationnel courant qui chute de moitié (à 947 millions) et une perte nette de 340 millions – mais un bénéfice net de 501 millions hors effets de couverture de change.

A la différence d’Airbus, les comptes de Safran sont supérieurs au consensus. Mais ce qu’a principalement retenu le marché, c’est le montant impressionnant de FCF : il atteint 901 millions d’euros, contre un consensus à 436 millions, grâce certes à un excellent premier trimestre sur ce plan, moins touché par les effets de la pandémie (à 1,15 milliard d’euros), mais aussi grâce à des mesures de préservation de la trésorerie prises pendant la crise, souligne Oddo BHF : l’accélération du plan lancé initialement à la fin de l’année dernière pour compenser les difficultés du Boeing 737 Max et les premiers effets de la réduction des dépenses d’investissement à fin du deuxième trimestre (les capex sont ainsi déjà en baisse de 24% au premier semestre).

Safran prévoit une baisse de son chiffre d'affaires ajusté d'environ 35% pour l'ensemble de l'année 2020, une marge opérationnelle de 10% en 2020 et un FCF à nouveau positif au second semestre.

L’action de l'équipementier s’est adjugée jusqu’à 5,6% ce matin.

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