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HSBC : la facture à payer s'alourdit encore
"Enfin, une blessure que HSBC ne s’est pas infligée elle-même", titrait ironique Bloomberg, lors de la publication des résultats trimestriels du groupe. Car cette fois, la banque sino-britannique n’a aucune responsabilité dans la pandémie du Covid-19, qui a plombé ses performances l’instar de ses pairs. Il reste que les chiffres sont rudes : une chute de 51 % de son profit au premier trimestre, 3 milliards de dollars de provisions sur crédit, qui pourraient atteindre 11 milliards sur l’ensemble de l’année. Des résultats qui ne sont pas plus dégradés que ses confrères de la City ou de Wall Street, mais HSBC avait déjà commencé l’année avec un plan de restructuration drastique. Qu’il va devoir amplifier désormais pour prendre en compte l’impact de la pandémie, comme le Financial Times s’en fait l’écho.
Pour rappel, la banque paie, de l’aveu de son chairman Mark Tucker, plusieurs années de management mou et de transformation trop lente du business model, en pleine mutation digitale du secteur bancaire. L’ancien patron de l’assureur Prudential avait d’ailleurs tapé du poing sur la table en licenciant le CEO John Flint à l’été dernier, après seulement 18 mois de service, qui a été remplacé en interim par un vétéran de la banque, Noel Quinn. Ce dernier a eu une tâche ardue à accomplir, celle de préparer une réorganisation stratégique, alors même que le board lui cherchait un remplaçant et avait par exemple courtisé Jean-Pierre Mustier d’Unicredit. Mais la persévérance a payé et c’est Noel Quinn qui a annoncé son propre plan social portant sur 15 % de son effectif en février dernier, soit 35.000 employés, à réduire de 100 milliards de dollars ses actifs à risque dans les trois ans et couper de 4,5 milliards de dollars dans ses coûts.
Cela n’avait pas semblé suffisant aux yeux des investisseurs et analystes, qui réclamaient des sorties d’activités et des cessions de filiales. Depuis, le monde a été profondément chamboulé par la pandémie et le plan social reporté sine die, au cœur de la tempête. Mais aujourd’hui, alors que l’économie rouvre bon an mal an, le board s’agite et réclame des décisions rapides et plus radicales. La vente de l’activité retail d’HSBC France est certes sur les rails, malgré un contexte défavorable. Aux côtés de la Banque Postale, elle intéresserait désormais Oddo BHF, le fonds américain Cerberus (propriétaire en France de My Money Bank, ex- GE Money Bank), et le fonds britannique AnaCap (via la banque Milleis), mais ne rapportera pas grand-chose.
Les yeux se tournent aussi vers les Etats-Unis, où la banque de retail d’HSBC affiche des performances désastreuses, avec une rentabilité de ses fonds propres (ROTE) de 1,5 %, contre plus de 15 % en Asie. Mais aussi de plus petites localisations comme Malte, les Bermudes, les Philippines ou la Nouvelle-Zélande. Le temps presse car le titre HSBC a lui aussi perdu 40 % de sa valeur en à peine plus de trois mois. S’il veut avoir plus de longévité que son prédécesseur, Noel Quinn va devoir frapper vite et fort, et montrer qu’il a compris de quoi le monde post-Covid sera fait.
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