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La crise oblige encore Latécoère à employer les grands moyens
Pour décoller, il faut parfois se délester. Pour ne pas se crasher, c’est encore plus vrai. Latécoère a dû s’y résoudre. L’équipementier aéronautique basé à Toulouse a révélé ce matin à ses instances représentatives du personnel son "projet stratégique de transformation et d’organisation de l’entreprise en France ". Et celui-ci prévoit la suppression d'un maximum de 475 postes, sur les 1 504 présents en France, soit 32 % de l’effectif total. Cela s’ajoute aux mesures déjà prises par le groupe concernant la suppression de 28 % de ses effectifs à l‘étranger, 1 000 postes sur un effectif de 3 500 personnes, dans le plan d’adaptation pris au milieu de la crise.
C'est une première version du plan qui a été présentée de manière informelle aux instances représentatives du personnel ce matin. L’objectif étant d'entamer des discussions avec ces dernières lors du CSE qui doit avoir lieu la semaine prochaine. Ce CSE marquera le début d’une période d’information-consultation qui devrait durer entre quatre et cinq mois. Du côté de l’équipementier, on précise que ces chiffres sont à prendre au conditionnel et l’on espère bien faire baisser le nombre de postes supprimés.
Le conseil d’administration l’a quant à lui validé hier. Latécoère a tenu à préciser que ce projet "prend en compte les résultats d’un travail approfondi avec les ministères chargés de l’emploi, de l’industrie et des transports pour utiliser au mieux les dispositifs issus du plan de relance." Ce travail avec le gouvernement dure depuis le début de l’été et aurait permis, selon le groupe de sauver 150 emplois et d’éviter la fermeture de 3 sites, dont la localisation n'est pas connue. En conséquence, les 9 sites de Latécoère devraient rester ouverts. Pour autant, le site de Labège verra sa ligne de production fermée et seulement les fonctions administratives conservées. Pendant la crise, le groupe a aussi bénéficié d’un PGE de 60 millions d’euros.
Ce plan résulte des difficultés entraînées par les conséquences économiques de la pandémie. Le groupe toulousain publiait ainsi une perte nette de 94 millions d’euros au premier semestre 2020. Plus qu’un mal soudain, Latécoère récolte aussi les fruits de plusieurs années compliquées, l’année 2019 étant par exemple marquée par une baisse de cadence de 40 % de ses principaux clients, provoquant une baisse équivalente de 40 % de l‘activité du groupe.
Désormais, il s’attelle à préparer l’avenir. Philip Swash, directeur général, souligne que "chacun chez Latécoère a un rôle à jouer pour faire de ce plan de transformation une opportunité de renforcer la compétitivité du groupe. Ces actions nous permettent de poursuivre les investissements dans nos infrastructures et nos activités de R&T et le développement de nos équipes". L’objectif étant de participer à la production de l’avion du futur décarboné. Dès ses résultats semestriels, l’équipementier précisait ainsi baisser ses investissements de 60 %, tout en maintenant ses dépenses dans le domaine de la R&T.
Pour présenter son plan, l’équipementier aéronautique a demandé la suspension de la cotation de son titre à Euronext Paris ce matin. Interrogé sur le sujet, Latécoère a indiqué que son cours était suspendu jusqu'à la prochaine réouverture de la bourse, c'est à dire lundi matin.
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