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Imerys / Sébastien Rouge / minéraux industriels / Minéraux critiques

Imerys traverse le ralentissement de ses marchés en limitant la casse / Le projet lithium suit son cours

S’il continue de subir une conjoncture défavorable sur ses marchés, le leader des minéraux de spécialité contrôle ses coûts, et limite les dégâts sur sa marge. Au-delà des performances financières à court terme, les projets stratégiques liés au lithium devraient progressivement accaparer l’attention.
Carrière de diatomite exploitée par Imerys - Photo by THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Carrière de diatomite exploitée par Imerys - Photo by THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Toute règle a ses exceptions. Imerys prouve mardi qu’il est possible d’annoncer des chiffres du troisième trimestre inférieurs aux attentes sans subir la vindicte des marchés. Il est vrai que les investisseurs ont eu le temps de s’habituer depuis le début de l’année à la décroissance de l’activité du producteur de minéraux industriels, celui-ci étant confronté à une faible conjoncture sur ses principaux marchés finaux. Avec une action en baisse de plus de 40 % depuis ses plus hauts de mars dernier, la hausse de 3,5 %, à 25,1 euros, affichée mardi par l’action Imerys, reflète un certain soulagement face à ce qui aurait pu être pire.

Le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 17,8 % sur la période de juillet à septembre, s’établissant à 918 millions d’euros, en dessous des 926 millions d’euros attendus par le consensus des analystes, la baisse s’accélérant par rapport au repli de 7,4 % enregistré au premier semestre. Dans un environnement difficile, la faiblesse de ces marchés finaux a continué de peser sur l’activité du trimestre écoulé. Le déstockage chez les clients s’est poursuivi, celui-ci s’expliquant "principalement par le manque de visibilité sur le timing de la reprise", a indiqué Sébastien Rouge, le directeur financier, lors d’une conférence téléphonique. Chaque marché ayant ses caractéristiques propres. Certaines activités servant les marchés industriels, et notamment en Europe, ont souffert de la concurrence asiatique, celle-ci bénéficiant de coûts énergétiques et de transport plus faibles.

Dans le même temps, le groupe doit faire face au ralentissement de la construction résidentielle, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt. Ce qui ne l’empêche pas de tirer son épingle du jeu sur certains segments. "Les spécialités minérales de l’activité construction et infrastructure continuent d’afficher une bonne performance grâce à une pénétration accrue de nos produits aidant à la décarbonation", a souligné Sébastien Rouge. Par ailleurs, tandis que l’activité dans le secteur des biens de consommation est restée "plus stable", malgré une inflation persistante, les activités servant les marchés du papier demeurent déclinantes.

 

La cession du papier en suspens

 

Pour autant, le groupe ne va pas pouvoir s’en délester tout de suite. Comme déjà annoncé début octobre, malgré l’accord en ce sens signé fin 2022 avec le groupe Syntagma Capital pour lui céder ces actifs, cette vente est désormais "hautement improbable". "Même si des discussions sont encore en cours, tout comme elles peuvent être réengagées avec un certain nombre d’acteurs", a indiqué Sébastien Rouge. La finalisation du recentrage du groupe sur ses trois grands marchés de croissance - la mobilité verte et l’énergie, la construction durable et les solutions naturelles pour les biens de consommation – va donc attendre. Ce qui pourrait fragiliser l’objectif d’une croissance de 3 à 5 % par an en moyenne entre 2023 et 2025 que le groupe avait présenté il y a tout juste un an.

En revanche, l’ambition d’améliorer la marge d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) courant entre 18 et 20 % d’ici 2025 semble sécurisée. "Nous confirmons l’objectif d’Ebitda. Il n’y a pas de y a pas de doute. Nos résultats trimestriels montrent que l’on s’approche des 17 % malgré des volumes extrêmement faibles, nous ne voyons donc pas de problème pour atteindre à moyen terme les 18 à 20 % que l’on avait indiqués", a assuré mardi Sébastien Rouge, le groupe restant concentré sur la gestion de ses coûts et de sa trésorerie afin de protéger ses performances financières.

A plus court terme, le groupe a indiqué viser pour 2023 le bas de fourchette de prévision d’un Ebitda compris entre 630 et 650 millions d’euros, et ce, après avoir dégagé un Ebitda de 150 millions d’euros au troisième trimestre, contre 160 millions d’euros attendus par les analystes. Un décalage que la Bourse avait bien anticipé. D’autant que la marge résiste relativement bien, à 16,4 %, après 16,7 % au premier semestre, et 16,8 % en 2022.

Si bien qu’en attendant la reprise de ses marchés, Imerys pourrait commencer à trouver du soutien du côté d’investisseurs prêts à miser sur ses projets de production de lithium. Notamment celui situé sur son site de Beauvoir dans l’Allier qui en est au stade des études de faisabilité (pour le pilote industriel) et de préfaisabilité (pour la mine et l’usine commerciale). "Cela suit son cours", a indiqué Sébastien Rouge. Un point précis devrait avoir lieu vers la mi-2024, une fois ces études terminées.

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