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La Commission européenne accélère sur les minéraux critiques / Bruxelles dresse une feuille de route ambitieuse
Comme annoncé lors du discours sur l’État de l’Union en septembre, la Commission européenne présentait hier son nouveau règlement sur les matières premières critiques. Après l’alliance pour les batteries et le règlement sur les semi-conducteurs, c’est une nouvelle étape de l’indépendance industrielle européenne qui s’ouvre. "Nous devons maintenant reproduire ces succès", a lancé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Le temps presse car les minéraux critiques, comme le lithium et les terres rares, indispensables à des secteurs stratégiques aussi variés que la transition écologique, le numérique ou la défense, sont en passe de devenir "plus importants encore que le gaz ou le pétrole", selon les mots d’Ursula von der Leyen.
S’affranchir de la Chine
La demande devrait fortement bondir dans les prochaines années. Rien que pour les terres rares, les besoins de l’Europe devraient être multipliés par cinq d’ici 2030. C’est pourquoi Bruxelles veut à tout prix éviter de se retrouver une fois de plus dans une situation de dépendance auprès d’un seul pays, comme avec la Russie pour les hydrocarbures.
Or aujourd’hui, la Chine contrôle, à elle seule, la quasi-totalité du marché mondial des minéraux critiques. Près de 90 % des terres rares et 60 % du lithium y sont transformés chaque année. Une situation à laquelle l’Europe cherche à remédier en développant un approvisionnement "sûr et durable" avec "des partenaires de confiance" qui partagent "les mêmes valeurs".
Concrètement, la Commission a annoncé ne plus vouloir dépendre à plus de 65 % d’un seul et même pays concernant ses approvisionnements. Pour ce faire, l’exécutif européen compte notamment sur la ratification d’accords avec le Chili, le Mexique et la Nouvelle-Zélande, mais aussi sur la poursuite des négociations avec l’Australie ou l’Indonésie, d’autres pays riches en minéraux critiques.
Le moteur de la transition
Le règlement, s’il devait être adopté, prévoit de simplifier les procédures administratives pour que des projets stratégiques puissent aussi voir le jour en Europe avec des délais réduits. La Commission promet également d’investir davantage dans la recherche et l’innovation.
Mais Bruxelles insiste surtout sur le caractère incontournable des matières premières critiques dans la transition écologique. Panneaux solaires, batteries, voitures électriques… toutes ces technologies nécessitent de près ou de loin de tels minéraux. "Ce règlement nous rapproche de nos ambitions climatiques", s’est félicitée Ursula von der Leyen.
Avec la réforme du marché de l’électricité mardi, les mesures prises hier sur les matières premières critiques devraient permettre de créer, selon la présidente, "un environnement réglementaire favorable aux industries nettes zéro" et à la compétitivité industrielle de l’Europe, dans la continuité du plan industriel "Green Deal".
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