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Entreprises / Actions / Imerys / minéraux industriels / Groupe Bruxelles Lambert / GBL / Calderys

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Imerys / minéraux industriels / Groupe Bruxelles Lambert / GBL / Calderys

La rotation du portefeuille d’Imerys est à l’oeuvre

Le spécialiste des minéraux industriels vient coup sur coup d’engager la cession de deux actifs devenus non stratégiques. De quoi lui donner les moyens de renforcer ses solutions minérales de spécialité à forte valeur ajoutée et orientées vers une économie à faibles émissions de carbone.
Laboratoire recherche et developpement d'Imerys à Toulouse - Lydie LECARPENTIER/REA
Laboratoire recherche et developpement d'Imerys à Toulouse - Lydie LECARPENTIER/REA

Une cession d’actif peut en cacher une autre. Quelques semaines après son entrée en négociations exclusives pour la vente de Calderys, son activité de solutions de haute température, pour un montant d’environ 930 millions d’euros, Imerys a annoncé en fin de semaine dernière avoir également entamé des négociations exclusives en vue de celle de ses actifs servant les marchés du papier.

Cette fois-ci, la valeur d’entreprise évoquée pour ces actifs produisant du kaolin, du carbonate de calcium naturel, ainsi que du carbonate de calcium précipité et du talc, s’élève à 390 millions d’euros, montant proche de leur chiffre d’affaires de 400 millions d'euros réalisé en 2021.

 

Un tournant

 

Par leur importance, ces deux opérations qui devraient se conclure d’ici la fin de l’année pour la première, et courant 2023 pour la seconde, marquent un tournant dans l’exécution de la stratégie de l’entreprise. "La cession de Calderys et maintenant du papier marque le lancement des grandes manœuvres", analyse le courtier Oddo BHF. Des manœuvres qui entrent dans le cadre de la "gestion dynamique du portefeuille d’activités" que le groupe met justement en avant depuis des mois, et qui prend cette fois-ci une nouvelle ampleur. Car les deux dernières activités en voie de cession représentent à elles deux 30% du chiffre d’affaires du spécialiste des minéraux industriels. Elles présentent aussi plusieurs intérêts.

Vendre les solutions de haute température, qui fournissent des matériaux réfractaires destinés à protéger des fourneaux industriels, des creusets et incinérateurs, va permettre de réduire la cyclicité du groupe, tout en améliorant l’empreinte environnementale de ses activités. Par nature, les clients des activités réfractaires évoluent dans des activités polluantes comme l’acier, le ciment et l’incinération. Ce mouvement répond aussi du même coup à la stratégie de l’actionnaire majoritaire d’Imerys, Groupe Bruxelles Lambert (GBL). La holding d'investissement belge des familles Frère et Desmarais est devenue en janvier dernier la première au monde à disposer d’objectifs climatiques alignés sur une trajectoire de réchauffement limitée à 1,5 degré Celsius, validés par l'initiative Science Based Targets.

Dans le même temps, avec la cession de ses actifs servant les marchés du papier, Imerys se déleste d’une activité à faible croissance organique, la pandémie ayant accéléré ce déclin structurel déjà bien établi.

Avec ces désinvestissements d’une valeur totale de 1,3 milliard d’euros, Imerys "montre [ainsi] clairement ses efforts pour réduire l'importance des activités cycliques profondes et se concentrer sur son activité principale de minéraux de spécialité à forte croissance, à savoir principalement le noir de carbone et les minéraux de graphite destinés au marché de l'énergie mobile, c’est-à-dire les batteries", observe un analyste.

 

L'enjeu du lithium

 

Dans ce domaine en plein essor, le groupe planche d'ailleurs depuis l’an dernier sur l’extraction l’extraction du lithium dans le Massif Central, après avoir obtenu la prolongation de son permis dit "de Beauvoir" situé dans les départements de l’Allier et du Puy-de-Dôme. Il y mène des travaux visant à déterminer la faisabilité technique et économique d’exploitation de ce minerai clé de la transition énergétique. Pouvoir produire en France ce métal constitue un enjeu important, comme a pu le souligner l’ancien président de France Industrie, Philippe Varin, auteur d’un rapport sur la sécurisation de l'approvisionnement de l'industrie en matières premières minérales.

La présentation le 7 novembre prochain à la communauté financière de la stratégie de croissance du groupe pour la période 2023-2025, pourrait donner lieu à des annonces sur ce sujet.

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