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Taxe carbone ; Transition écologique ; BCE ; Cepremap

Politique économique / taxe carbone / transition écologique / BCE

Politique économique
taxe carbone / transition écologique / BCE

Les pistes pour favoriser l'acceptabilité de la taxe carbone / Le comportement de la BCE déterminant, selon le Cepremap

Face à la difficile mise en place d’une taxe carbone, le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) propose différentes politiques qui permettraient de favoriser son acceptabilité sociale. Il pointe notamment le rôle déterminant de la Banque centrale européenne (BCE).
Manifestation d'opposants à la taxe carbone à Strasbourg en 2009 (Frederic Maigrot/REA)
Manifestation d'opposants à la taxe carbone à Strasbourg en 2009 (Frederic Maigrot/REA)

La taxe carbone – le gouvernement d’Édouard Philippe l’avait appris à ses dépens au moment des gilets jaunes – n’est pas une mesure populaire. Cette taxe environnementale sur les émissions de dioxyde de carbone agit sur l’économie comme un choc d’offre négatif qui contracte l’activité économique, augmente le niveau des prix et frappe particulièrement les ménages défavorisés qui consacrent une plus grande part de leur revenu à l’énergie.

Dans une note, le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) revient sur les politiques macroéconomiques de court terme qui permettraient de favoriser son acceptabilité sociale. Leur comparaison montre que le comportement de la Banque centrale européenne (BCE), via la fixation de son taux directeur, reste déterminant en la matière.

La mise en place d’une taxe carbone telle qu’envisagée en 2018, sans mécanismes de compensation, produit des effets contrastés. Si une telle mesure permet de réduire significativement la consommation énergétique des ménages et des entreprises tout en épongeant un peu la dette, elle induit néanmoins des coûts macroéconomiques en termes de croissance mais aussi de plus fortes inégalités "susceptibles d’entraver sa mise en place".

 

Une BCE plus accommodante ?

 

Pour le Cepremap, la BCE détiendrait peut-être la solution. L’engagement dans la transition énergétique pourrait s’accompagner d’un changement de comportement de l’institution qui tolérerait un surcroît d’inflation. Une BCE plus accommodante permettrait de préserver la croissance sans porter préjudice à l’objectif de diminution de la consommation énergétique tandis que les recettes de la taxe carbone permettraient de réduire davantage la dette publique.

Plus surprenant, cet accompagnement monétaire permettrait de réduire les inégalités par le canal de la baisse du taux d’intérêt réel. "Si la hausse transitoire de l’inflation ne déstabilise pas les anticipations, cette croissance égalitaire rendrait acceptable la taxe carbone", expliquent les auteurs de l’étude.

Le Cepremap envisage également d’autres solutions pour rendre la mesure plus acceptable comme la redistribution du produit de la taxe aux ménages les moins aisés ou encore l’investissement de ce produit dans la rénovation énergétique. Mais ces dernières se révèlent pourtant moins efficaces qu’une politique monétaire plus accommodante, conclut l’organisme de recherche, chiffres à l’appui.

"Ce résultat place la politique de taux de la banque centrale au centre du débat sur les politiques environnementales", soulignent François Langot, Selma Malmberg, Fabien Tripier et Jean-Olivier Hairault, qui ont tous contribué à la rédaction de l’étude.

 

Divergence de point de vue

 

Toutefois, si la BCE a largement communiqué sur l’évolution de sa politique monétaire face au changement climatique, un revirement aussi radical de son action ne semble pas encore à l’ordre du jour. La stabilité des prix reste l’objectif premier de la BCE et est également considérée comme un prérequis à la réussite de la transition énergétique au sein de l’institution de Francfort.

"La BCE ne semble pas s’engager vers un assouplissement de sa politique monétaire pour tolérer un surcroît d’inflation lors de la transition énergétique. […] Les résultats de nos simulations indiquent que cette position risque de pénaliser la transition énergétique et son acceptabilité sociale", conclut le Cepremap.

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