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Sur les marchés / Londres / Brexit / taxe carbone

Sur les marchés
Londres / Brexit / taxe carbone

La City va perdre une partie du marché du carbone

Intercontinental Exchange a annoncé qu'il allait déplacer son marché pour les contrats européens sur les émissions de carbone de Londres aux Pays-Bas. Ces échanges représentent plus d'un milliard d'euros par jour. 
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La City continue de perdre des plumes dans le contexte de l'après Brexit. La place boursière américaine spécialisée dans les produits dérivés et l'énergie, Intercontinental Exchange (ICE), a annoncé qu'elle allait déplacer son marché pour les contrats européens sur les émissions de carbone de Londres à Amsterdam, afin d'aider négociants et investisseurs à gérer le risque lié au prix du climat de "la manière la plus rentable et la plus transparente possible". Rappelons qu'ICE avait racheté Climate Exchange en 2010, alors premier opérateur de plate-formes d'échanges de quotas d'émissions de CO2 et de contrats à terme sur ces produits en plein essor, nés de la volonté des Etats de diminuer la pollution atmosphérique. 

Le marché carbone est depuis lors devenu l'un des éléments clefs de la politique de l'UE pour lutter contre le changement climatique, les volumes sur ce type de contrats ayant doublé depuis 2015, selon les chiffres d'Ice. Les prix ont d'ailleurs sensiblement augmenté ces dernières semaines et s'échangeaient à 38 euros la tonne, alors que l'UE a décidé de renforcer ses engagements de réductions d'émissions. Ce qui a poussé les investisseurs à se précipiter pour sécuriser l’approvisionnement en quotas d’émission de l’UE. 

La décision d'ICE de transférer les échanges de ce type de contrats est bien sûr la conséquence directe de la sortie du Royaume-Uni de l'UE, les services financiers n'ayant fait partie d'aucun accord spécifique entre les deux camps post-Brexit. Et la Commission a été très claire sur le sujet, le Royaume-Uni redeviendra un pays tiers le jour de sa sortie de l'UE. Le seul moyen pour les services financiers britanniques de continuer à accéder au marché européen est donc désormais le mécanisme d'équivalence accordé de manière purement unilatérale par l'UE. Or si Bruxelles et Londres ont entamé des discussions début janvier afin de déterminer quels seraient les domaines où une équivalence pourrait être accordée, les décisions risquent d'être longues et fastidieuses: sur les 39 régimes d'équivalence existants dans l'UE, seuls 2 ont pour l'instant été accordés à la Grande-Bretagne, concernant le trading de produits dérivés et le clearing.

Par ailleurs, la Grande-Bretagne a dores et déjà annoncé qu'elle allait instaurer son propre système d'échanges de carbone, au cours de ce semestre, et pourrait donc choisir ses propres règles en la matière. Le Chancelier de l'Echiquier Rishi Sunak a ainsi déclaré qu'il voulait que le Royaume-Uni soit "un leader mondial dans l'utilisation de la finance verte" et devrait tout faire pour attirer ce secteur florissant à la City. Mais Londres devra visiblement batailler pour se faire une place, alors que sur un autre tableau, elle a déjà perdu une grande partie de l'activité du trading actions en euros. Ainsi, début janvier, la quasi-intégralité des volumes sur les actions européennes qui étaient réalisés à Londres a été transférée sur le continent.

Intercontinental Exchange a en revanche précisé que la compensation des contrats carbone européens resterait à Londres, les autorités de l’UE ayant donc autorisé les investisseurs européens à utiliser les chambres de compensation britanniques jusqu’à la mi-2022.

 

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