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Transition écologique ; Industrie ; France ; Plan social ; Emploi ; Salaire ; Désindustrialisation ; Réindustrialisation ; Industrie verte ; Cepii

Macro-économie / Taux / transition écologique / industrie / France / CEPII

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L’industrie française au défi de la transition écologique / Les enseignements de vingt ans de plans sociaux

La transition verte constitue une occasion formidable de réindustrialiser la France, à condition de s’en donner les moyens et de ne pas répéter les erreurs du passé. Le Cepii tire justement les leçons de ces vingt dernières années en matière de plans sociaux pour mieux aborder les enjeux de demain.
Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (Eric TSCHAEN/REA)
Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (Eric TSCHAEN/REA)

C’est maintenant que ça se passe. Loin des prises de bec sur les méga-bassines, la transition écologique constitue un défi majeur pour l’industrie française, confrontée à une concurrence internationale intense dans les industries vertes. Les enjeux sont existentiels car une adaptation insuffisante, ou une mauvaise spécialisation, pourrait enterrer définitivement une industrie française déjà mise à rude épreuve par la désindustrialisation du tournant des années 2000.

Le temps presse car l’Europe, et donc la France, accumule du retard en la matière et peine à définir une politique industrielle claire et ambitieuse. À cet égard, le plan industriel du pacte vert proposé par la Commission européenne en février constitue un premier pas essentiel face aux politiques déployées par la Chine et les États-Unis, afin de renforcer l’indépendance et la compétitivité du Vieux Continent.

Pour éclairer les capacités d’ajustement du marché du travail français face à de tels chocs, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) revient sur les enseignements des plans sociaux intervenus dans l’industrie entre 1997 et 2019, qui pourraient préfigurer des chocs de la transition écologique.

 

Un fort coût individuel

 

Concrètement, les plans sociaux étudiés se caractérisent par un fort coût individuel en termes d’emploi et de salaire. Contrairement à l’hypothèse de destruction créatrice, ils n’ont pas permis de réallocations de main-d’œuvre bénéfiques pour l’économie locale.

Ainsi, seuls 60 % des salariés licenciés dans le cadre d’un plan social parviennent à retrouver un emploi dès l’année suivante. Ils travaillent en moyenne dans des entreprises plus petites, moins créatrices de valeur et avec un taux d’investissement inférieur de 36 % que celles où sont employés des salariés n’ayant pas subi de plan social. "Or, un moindre investissement aujourd’hui risque de conduire à moins de croissance demain", expliquent Axelle Arquié et Thomas Grjebine, tous deux économistes au Cepii.

Les zones d’emploi touchées par un plan social connaissent, en outre, moins de créations d’entreprises, les emplois y sont plus précaires et le taux de chômage y est, 6 ans après, 12 % plus élevé que celui des zones préservées. Pire encore, il semblerait que la propagation des effets du plan social ne soit pas immédiate, elle s’aggraverait même avec le temps.

 

Concilier décarbonation et renforcement des tissus productifs

 

L’expérience de la désindustrialisation montre que les salariés et les territoires sont durablement affectés par un choc négatif sur le marché du travail et qu’il a été très difficile, voire impossible, pour les politiques publiques de réellement cibler les personnes touchées. "Compenser les perdants de la transition écologique, comme on espérait pouvoir le faire dans les années 2000 pour les perdants de la mondialisation, ne peut suffire", soulignent les auteurs.

L’enjeu de la transition écologique qui se dessine consiste surtout à développer des politiques permettant de concilier décarbonation et renforcement des tissus productifs. "À l’heure où la concurrence internationale s’intensifie dans les secteurs d’avenir, rater le virage de l’industrie verte, c’est prendre le risque d’une nouvelle vague de désindustrialisation, aux conséquences durables pour les individus concernés et les territoires", concluent-ils.

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