Macro-économie / Taux / OFCE / CEPII / cae / Jean-Luc Tavernier / France Stratégie
Macro-économie / Taux
OFCE / CEPII / cae / Jean-Luc Tavernier / France Stratégie
Rapprocher l’OFCE et le CEPII bénéficierait aux deux institutions / Un rapport en ce sens a été remis à Elisabeth Borne
"Tirer le meilleur des forces et pratiques des deux entités actuelles". Voici comment Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee et Nicolas Véron, économiste à Bruegel et au Peterson Institute, envisagent le rattachement du centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Un tel changement viserait à "créer un pôle reconnu en économie domestique et internationale " selon les termes du rapport sur les organismes d’analyse économique et l’évaluation des politiques publiques qu’ils ont remis à Elisabeth Borne, Première ministre.
Il faut dire que le directeur général de l’Insee et l’économiste sont critiques envers le positionnement du CEPII au sein des services du Premier ministre, qu’ils jugent "hérité du passé", et "devenu incongru ". Ils avancent notamment que "la vie d’un organisme d’études et de recherche demande […] une réactivité et une flexibilité dans la prise de décision qui ne sont pas forcément naturelles dans le contexte administratif et budgétaire de services ministériels" et également que " l’encadrement stratégique du CEPII tend à se consumer pour trouver des solutions à des situations qui se traiteraient bien plus facilement dans le cadre d’un établissement universitaire".
Le volet budgétaire n’est pas écarté, puisque l'actuel est qualifié comme laissant "peu d’espace aux potentialités de développement que pourrait aujourd’hui avoir le CEPII ". Il est préconisé par les deux auteurs "d’engager rapidement une fusion entre l’OFCE et le CEPII au sein de la Fondation nationale des sciences politiques". Un tel mouvement est avancé comme ayant du sens pour l’OFCE, étant donné son "champ d’analyse et une notoriété qui sont surtout nationaux, quand le CEPII est un organisme connu dans beaucoup d’organisations internationales et de centres d’expertise étrangers intéressés à l’analyse des échanges extérieurs et des politiques commerciales".
Rapprocher pas dissoudre
Il est notamment pris comme exemple les politiques d’adaptation et de décarbonation du tissu industriel français, qui seraient difficilement interrogées "sans intégrer les problématiques de compétitivité et donc les mécanismes d’ajustement aux frontières ". De quoi convaincre Jean-Luc Tavernier et Nicolas Véron, au point de leur faire asséner qu’il "est fort possible également que l’OFCE puisse apprendre du fonctionnement assez original du CEPII par le truchement de ses conseillers scientifiques ".
Il n’est point question pour autant de faire disparaître les particularités du CEPII à moyen terme, mais plutôt de "conserver la marque CEPII pour les bases de données internationales dont la notoriété est forte". Tout en laissant les membres de la nouvelle entité prendre le soin de "déterminer la stratégie de marque du nouvel ensemble" et ce au sein d’une gouvernance "élaborée en commun par le Président de l’OFCE, le Directeur du CEPII, en association avec leurs Conseils respectifs".
Tous azimuts
Le rapport ne se limite cependant pas à cette hypothèse et formule des recommandations spécifiques pour les autres entités spécifiquement mentionnées dans la lettre de mission : notamment France Stratégie et le Conseil d’Analyse économique (CAE). Pour le premier nommé, il est question de voir "l’héritier de la tradition illustre du Commissariat du Plan […] reprendre une de ses missions historiques consistant à élaborer des diagnostics partagés".
Concernant le CAE, il est regretté "qu’une partie importante des publications du CAE relèvent plutôt de l’autosaisine" et il est estimé que les "nouvelles dispositions [qui] ont été prises il y a quelques années pour que des saisines du ministre chargé de l’économie et des finances puissent compléter les saisines du Premier ministre" n’ont pas changé ce constat. Le rapport appelle à mieux insérer les travaux de l’institution dans le processus de décision gouvernemental et ce que ce soit via les ministres, leurs cabinets ou encore leurs administrations. Cet outil pouvant s’avérer précieux "afin d’obtenir des analyses économiques pertinentes et utiles dans leurs domaines de compétences".
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