Macro-économie / Taux / déclassement / pouvoir d'achat / 2010 / 2019 / France Stratégie
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déclassement / pouvoir d'achat / 2010 / 2019 / France Stratégie
La décennie du déclassement ? / Les jeunes actifs et les retraités sont les principaux perdants des années 2010
Du grain à moudre à la contestation sociale. C’est ce que vient de fournir France Stratégie dans sa dernière note d’analyse intitulée "Qui a vu son niveau de vie augmenter dans les années 2010 ? ". D’entrée, l'institution placée auprès de la Première ministre, elle reconnaît que "quelle que soit la catégorie d’âge, la dynamique du pouvoir d’achat dans les années 2010 a été moins favorable que dans la décennie précédente".
Peut-être donc bien la fin d’une époque, les auteurs de la note expliquent également que la légère augmentation du niveau de vie moyen "masque des différences importantes entre classes d’âge ". Au sein de ces dernières, les évolutions des plus aisés et des plus modestes sont loin d’être similaires.
La jeunesse en tête de file
"Les riches de plus sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres", entend-on souvent. Ces dernières années ont vu les jeunes actifs commencer à tordre le cou à ce paradigme. En effet, ceux qui sont définis comme étant "les personnes nées entre 1971 et 1980", ont vu le pouvoir d’achat des plus modestes d’entre-eux exploser durant cette décennie.
France Stratégie argue que "les individus débutant la décennie parmi les 20 % les plus modestes voient leur pouvoir d’achat augmenter de plus de 23 %". À l’inverse, pour les 20 % les plus aisés il a diminué de 2 %. Néanmoins dans l’ensemble, il est avancé que " le rapport entre le niveau de vie moyen des plus aisés et celui des plus modestes est de 4,1 en 2019 ; il a augmenté légèrement sur la période, puisqu’il était de 3,9 en 2010 ".
Moteur bridé
En considérant l’intégralité de la cohorte 1941-1980, on observe que "les plus aisés de 2019 sont plus riches que les plus aisés de 2010 ". Leur pouvoir d’achat ayant progressé de 8 % sur la période ; ce qui est certes plus élevé que la hausse moyenne mais très légèrement. Notamment de part un "effet "impôt" [qui] réduit légèrement l’écart (-2,5 %) ". Certes le taux d’imposition de ces 1 % les plus aisés n’a pas beaucoup évolué, néanmoins il freine toute progression de leur pouvoir d’achat.
Trompe l’oeil
Cette dernière décennie pourrait également sembler au désavantage le plus complet de nos anciens, mais les revenus avancés éludent la question du stock de patrimoine. De fait, les 65-69 ans ont pu se constituer un stock de patrimoine tout au long de leur vie ; la note d’analyse parle d’un "patrimoine net par unité de consommation moyen des 65-69 ans [qui] s’élevait à 265 000 euros en 2010 [quand] il était de 75 000 euros pour les 30-39 ans ".
De la même façon, sur la question du pouvoir d’achat des pensions de retraite, il apparaît qu’il est resté relativement stable : enregistré en baisse de 1 % en euros constants sur dix ans. Notamment grâce à une sur-indexation par rapport à l’inflation en 2012 et 2014. Ce qui compense, en partie, la baisse de 7 % de leur pouvoir d’achat.
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