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Inflation ; Ménages ; OFCE ; Âge ; Zone rurale ; Situation géographique

Macro-économie / Taux / Inflation / ménages / OFCE

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France : comment l'inflation discrimine / L’âge et la situation géographique, deux facteurs déterminants

L’ampleur du choc inflationniste en 2022 n’a pas été ressenti de la même manière par tous les Français. L’âge et la situation géographique seraient deux facteurs aggravant l’exposition et la vulnérabilité des ménages à la hausse des prix à la consommation, selon une étude de l’OFCE.
 L’inflation moyenne subie par un ménage en zone rurale serait supérieure de 1 point à la moyenne (Stephane AUDRAS/REA)
L’inflation moyenne subie par un ménage en zone rurale serait supérieure de 1 point à la moyenne (Stephane AUDRAS/REA)

Qui a ressenti le plus durement la hausse des prix en 2022 ? L’ampleur du choc dépendrait essentiellement de l’âge et de la taille de la commune de résidence, répond l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une étude venant de paraître. "L’impact du renchérissement du panier de bien observé en 2022 ne se caractérise pas simplement par son importance mais aussi par son caractère très différencié entre les ménages", expliquent Pierre Madec, Mathieu Plane et Raul Sampognaro, économistes à l'OFCE et auteurs de l'étude.

En effet, bien qu’au niveau macroéconomique l’inflation se soit établie à 5,2 % en 2022, les 10 % de ménages les moins exposés ont vu leur panier de biens se renchérir de moins de 3,4 % contre 8,5 % pour les ménages les plus exposés. Mauvaise nouvelle pour ces derniers, la France n’a pas encore atteint son pic d’inflation et leur calvaire devrait se poursuivre pour un temps au moins.

 

Sexagénaire en zone rurale

 

Il ne fait pas bon être un sexagénaire en zone rurale, si l’on en croit les chiffres de l’organisme indépendant. D’abord, les personnes âgées semblent plus fortement exposées aux prix de l’électricité, du gaz et des produits alimentaires, c’est-à-dire les composantes les plus volatiles de l’inflation et celles qui ont le plus bondi l’année dernière. Ainsi, un ménage dont la personne de référence a 65 ans ou plus connaît un taux d’inflation supérieur de 0,6 point par rapport à l’inflation moyenne. Au contraire, si la personne de référence est trentenaire, l’inflation serait inférieure de 0,5 point par rapport à la moyenne, en lien avec de moindres dépenses alimentaires.

Par ailleurs, l’ampleur du choc inflationniste semble diminuer à mesure que l’on se rapproche des grandes villes. Les dépenses en carburant sont supérieures dans les petites communes tout comme les dépenses énergétiques pour le logement. Conséquence, l’inflation moyenne subie par un ménage en zone rurale serait supérieure de 1 point à la moyenne tandis qu’elle serait inférieure de 0,8 point en agglomération parisienne.

Ce constat "montre la difficulté à organiser une politique de compensation fondée exclusivement sur des transferts conditionnés sur un seul facteur, comme le revenu", souligne l’OFCE.

 

État providence

 

Face à l’inflation galopante, l’État n’est pas resté les mains dans les poches. Le gouvernement a notamment répondu par la mise en place d’un bouclier tarifaire sur le prix de l’électricité et du gaz, complété par une remise à la pompe. En l’absence des dispositifs publics mentionnés, la perte de pouvoir d’achat immédiate – hors effets de comportement – aurait été de l’ordre de 1 310 euros par ménage au cours de l’année 2022. Et la seule perte de pouvoir d’achat moyenne par ménage liée directement au renchérissement des produits énergétiques serait de 560 euros.

"Les dispositifs publics évalués ont permis d’atténuer significativement l’impact des chocs", affirment les auteurs de l’étude. "Selon nos calculs, le bouclier tarifaire, la baisse de la fiscalité sur l’électricité et la remise carburant auraient permis d’atténuer 56 % du choc énergétique direct subi par les ménages", concluent-ils.

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