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Attractivité : la France dame (encore) le pion au reste de l’Europe
Les années passent et l’attractivité de la France ne se dément pas en matière de projets d’investissements étrangers (IDE). En effet, pour la troisième année consécutive, l’Hexagone s’est affiché en tête du classement des pays d’accueil du nombre de projets d’IDE, d’après le baromètre réalisé par le cabinet EY. C’est ainsi que 1222 projets ont été annoncés en 2021, soit une hausse de près d’un quart par rapport à 2020 où ils avaient dégringolé du fait de la pandémie (ils se sont affichés à 993 au Royaume-Uni et 841 en Allemagne).
La politique économique conduite par les gouvernements successifs depuis plusieurs années semble être la clé d’un tel succès, d’après EY, qui n’hésite pas à évoquer un "effet Macron". "Plusieurs éléments ont joué un rôle. Je pense à la baisse de l’impôt sur les sociétés à 25% à horizon 2022, la réforme du marché travail amorcée en 2017, le maintien du Crédit impôt recherche malgré des menaces de disparition, la flat tax sur les revenus du capital ou encore la diminution de 10 milliards d’euros par an des impôts de production. Dans les projets plus structurants à long terme, l’on peut citer le plan de relance de 100 milliards d’euros et France 2030 [30 milliards d'euros déployés sur 5 ans, ndlr]", explique à WanSquare Marc Lhermitte, associé chez EY, responsable du baromètre publié par le cabinet.
Au-delà du nombre de projets d’IDE, la France pèche par rapport à ses concurrents sur deux problématiques principales. D’une part, les projets d’IDE dont elle est récipiendaire affichent un déficit relatif de richesse en emploi important par rapport au Royaume-Uni. "Il est à noter que ce n’est pas un phénomène nouveau. La raison étant que parmi les concurrents directs de la France, le Royaume-Uni est probablement celui qui bénéficie du coût du travail (le coût nominal chargé du travail est 35 % inférieur à celui de la France dans l’industrie) et du droit social (contrat de travail zéro heure) les plus favorables", analyse Marc Lhermitte. En 2021, 79 emplois furent créés en moyenne par projet d’IDE outre-Manche, contre "seulement" 38 en France.
D’autre part, la proportion de projets "greenfield" (les nouveaux projets en opposition aux extensions) reste extrêmement plus faible que chez les voisins (trois projets sur dix en France contre huit sur dix en Allemagne et au Royaume-Uni), alors qu’ils seraient davantage porteurs de croissance économique à long terme, selon certaines études. "La disponibilité du foncier semble être une variable relativement importante et c’est une problématique sur laquelle travaille notamment Business France [agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française, ndlr]. Puis, je dirais que le temps des procédures est l’autre facteur qui peut avoir un impact, cela renvoie au sempiternel débat sur la complexité administrative dans l’Hexagone", avance Marc Lhermitte.
Marc Lhermitte voit plusieurs chantiers sur lesquels la France devrait travailler pour doper son attractivité. "D’une part, il y a la simplification et l’agilité. Réduire le délai des procédures pourrait permettre à l’économie française d’accueillir des entreprises qui ont besoin de rapidité, qui sont dans des domaines où le ‘time-to-market’ est critique. D’autre part, il y a le sujet des PME et des ETI. Les politiques publiques de relance et de réindustrialisation sont des enjeux moins familiers à ce type d’entreprises qu’aux plus grandes. Il faudrait leur faciliter l’accès aux fonds et aux appels à projet", indique-t-il.
Toujours est-il que le pays des Lumières devrait continuer de figurer en bonne place parmi les pays qui drainent le plus de projets d’IDE. "Sur le volume de projets, il est probable que les investisseurs vont encore rattraper 'le temps perdu' quand la France était moins compétitive et moins convaincante. Il ne faut néanmoins pas s’arrêter au nombre de projets. En effet, l’enjeu sera également d’accueillir des projets plus stratégiques. C’est quelque chose sur lequel le Royaume-Uni est en train de miser en réponse au Brexit, cet évènement ne lui permettant plus d’attirer des quantités de projets d’investissement aussi importantes qu’avant", anticipe Marc Lhermitte.
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