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Parrot / Henri Seydoux
Parrot a encore des cartes à jouer
Le groupe industriel spécialiste des drones professionnels Parrot a continué de creuser ses pertes, la crise n’aidant pas. Le parti pris par Henri Seydoux, fondateur et P.-D.G. actuel du groupe, de se concentrer uniquement sur les drones depuis la cession de sa filiale "Automotive" en 2017 à Faurecia ne paye pas. Parrot n’a plus dégagé aucun bénéfice depuis lors, accusant cinq années de pertes consécutives, de 137,5 millions d’euros en 2016, 38,9 millions en 2017, 111,2 millions en 2018, 29,6 millions en 2019 et de 38,4 millions sur l'exercice écoulé. Même constat pour sa perte opérationnelle qui ressort à 35,6 millions d’euros contre 27,4 millions en 2019.
En effet, ses ventes à 57,3 millions d’euros sont en baisse de 24,7 % par rapport à l’an dernier. En plus des conséquences de la crise, le groupe relie cette diminution à sa stratégie de recentrage de son portefeuille pour se détourner des ventes de "produits grand public" et se concentrer sur les capteurs et logiciels, responsables en 2020 de 96 % de son chiffre d’affaires. Si bien que sa marge brute a augmenté de 6,5 points, à 70,2 %. Au cours de l’année écoulée, son chiffre d’affaires résultant de la vente de logiciels est en hausse de 3,7 % - soit 41 % de son chiffre d’affaires total - tandis que celui résultant de la vente de drones a chuté de 19 %, un recul encore plus marqué que celui du marché mondial (- 12 %).
Le potentiel du marché des drones professionnels
Le groupe ne perd pour autant pas espoir, confiant en l’avenir du marché des drones professionnels qui "représentent sans aucun doute la naissance d'une nouvelle industrie qui marquera profondément le XXIe siècle, comme l'automobile, les télécommunications ou l'aéronautique en leurs temps" selon son communiqué publié vendredi avant Bourse.
Concernant l’année en cours, Parrot espère un retour à la croissance au second semestre du fait de son développement sur le marché professionnel de la Défense et Sécurité. Car il a été sélectionné par la DGA au mois de janvier de cette année pour équiper les trois corps d’armées françaises en mini-drone Anafi USA, à la suite de l'appel d’offres de février 2020. Anafi USA est aussi l’unique drone d’une entreprise étrangère à avoir été sélectionné par les États-Unis – où il est déjà commercialisé - pour leurs forces de sécurité et agences gouvernementales. Le pari d’Henri Seydoux pourrait finalement être récompensé.
L’action du groupe Parrot s'est malgré tout repliée de 10,91 % à 5,88, une amplitude qui n’a rien d’inhabituel pour ce titre à forte volatilité qui n’a jamais retrouvé le niveau atteint en 2015 avant la vente de son pôle kit main libre.
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