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Wendel va devoir faire mieux
Wendel, qui souffre d'une décote aussi importante que persistante, a besoin de mobiliser les investisseurs. Mais il n'est pas certain que les chiffres d'activité du premier trimestre publiés mercredi suffisent. Malgré des effets de change très défavorables, le holding familial coté affiche un chiffre d'affaires en hausse de 2% sur un an glissant (une croissance portée à 6,5% en excluant les effets de change et de périmètre), pour atteindre 1,9 milliard d'euros. Encore plus important, l'Actif net réévalué (ANR), indicateur fondamental qui traduit la création de valeur des sociétés du portefeuille de participations de Wendel, a progressé de 5,3% depuis le 31 décembre 2020 (pour atteindre 7,49 milliards d'euros) et de près de 42% depuis le 31 mars 2020, qui représentait "un point bas", selon le holding.
"Le premier trimestre 2021 confirme le rebond de la croissance organique de l'activité des sociétés de notre portefeuille, avec des niveaux de chiffre d'affaires qui se rapprochent de ceux de 2019, voire les dépassent parfois", explique André François-Poncet, président du directoire de Wendel - dont les comptes avaient terminé dans le rouge de plus de 264 millions d'euros en 2020. La sortie de crise progressive, en particulier en Asie (même si elle connaît des a-coups sur d'autres continents), et la progression des campagnes de vaccination ont en effet relancé d'activité du secteur privé. Wendel profite en particulier des performances de la société de certification et d'inspection Bureau Veritas et du chimiste Stahl (dont les chiffres d'affaires organiques progressent respectivement de 6,6% et de 9,6%), du bond de près de 23% de l'activité de la société de peintures décoratives Cromology (l'ex-Materis Paints) et du retour à la croissance organique de Crisis Prevention Institute (dont le chiffre d'affaires dépasse le montant pré-pandémique). Constantia Flexibles (emballages et conditionnement) souffre encore (-4,5%), mais parvient à limiter le recul en retirant les effets de change et périmètre (-0,8%). "Concernant les performances commerciales des participations non cotées, nous observons un rétablissement évident des sociétés les plus cycliques et de celles qui avaient été les plus affectées par les mesures de confinement liées à la pandémie", note Alphavalue.
Du côté de l'ANR, sa croissance s'explique par la bonne tenue des Bourses - que d'aucuns jugent inquiétante - après la très violente chute survenue au cours du mois de mars 2020 suite aux premières restrictions de déplacement strictes. L'action Bureau Veritas s'est par exemple adjugé 56% depuis le 18 mars 2020 (son niveau le plus faible atteint suite au premier confinement), tandis que les participations non cotées de Wendel ont été réévaluées en raison de la hausse des valorisations de leurs comparables cotés.
"Au-delà de l'ANR, nous retiendrons surtout de cette publication la croissance organique de sociétés du portefeuille et le contexte de normalisation de l'activité", conclut Oddo BHF.
L'activité d'investissement s'est déroulée dans le contexte du récent repositionnement de Wendel. Elle s'est illustrée vendredi dernier par l'annonce d'un accord avec la famille Deconinck pour prendre une participation de 30% dans le fabricant de revêtements de sols Tarkett, dans le cadre d'un projet d'OPA suivie d'un retrait de cote. Mais l'opération n'a pas déclenché un enthousiasme débordant de la part des investisseurs et des actionnaires de Wendel (l'action s'est adjugée 0,55% vendredi). Si les termes financiers de cette opération semblent plutôt intéressants, il reste à savoir dans le temps si la décision de Wendel de renforcer son exposition à un secteur cyclique était un bon calcul.
Il faudra probablement encore patienter pour que l'évolution du holding familial se matérialise dans son cours de Bourse, qui présente toujours une décote importante par rapport à l'ANR du holding. Ce qui pose la question de son utilité. Les chiffres publiés hier n'ont en tout cas pas fait ciller les investisseurs. Dans l'après-midi, l'action était stable à 110,70 euros.
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