Dirigeants, gouvernance / LVMH
Dirigeants, gouvernance
LVMH
Iris Knobloch a dû démissionner du board de LVMH
Il y a des conflits d’intérêts qu’il vaut mieux régler. Iris Knobloch qui est Présidente de WarnerMedia France, Allemagne, Benelux, Autriche et Suisse a annoncé la semaine dernière qu’elle quittait ses fonctions pour prendre la présidence d’un Spac. Cette société dite "chèque en blanc" est dotée d’un capital initial de 275 millions d’euros et se trouve cotée à la Bourse de Paris depuis hier avec comme enseigne I2PO. Et ses deux principaux sponsors sont la famille Pinault à travers sa holding patrimoniale, Artémis et le banquier d’affaires Matthieu Pigasse via l’une de ses nombreuses sociétés, rebaptisée Combat Holding depuis que Pierre Bergé lui a légué la marque de ce quotidien de l’après-guerre issu du réseau de résistance du même nom.
Mais en acceptant cette proposition du patron de Kering (groupe de luxe concurrent de LVMH) et de celui de la banque d’affaires Centerview Partners France, Iris Knobloch qui est pourtant Docteur en Droit et qui a commencé sa carrière comme avocate en Allemagne et aux États-Unis, n’avait pas réalisé qu’elle franchissait la ligne jaune des conflits d’intérêts. Puisqu’en tant que membre du conseil d’administration de LVMH, elle a accès à tous les chiffres et les projets stratégiques du concurrent de son nouvel employeur.
Selon nos informations, elle a donc été contrainte de démissionner par un courrier adressé le 16 juillet à Bernard Arnault. Courrier dans lequel elle fait seulement état "d’une nouvelle orientation professionnelle". Le nombre de femmes au board de LVMH n’est plus que de sept sur seize membres, soit une proportion supérieure à 40 %. Ce qui n’oblige pas le groupe de luxe à lui trouver une remplaçante dans l’instant.
Il serait d’ailleurs tout aussi logique qu’Iris Knobloch démissionne du conseil d’administration de Lazard Ltd, la prestigieuse banque d’affaires cotée à la bourse de New York – dont elle est membre depuis 2018 - puisque son autre employeur Matthieu Pigasse est patron de la banque Centerview Partners France lancée il y a un peu plus d’un an pour tailler des croupières à Lazard Frères, la filiale française du groupe bancaire.
Baptisé I2PO, ce Spac aura pour administrateurs François-Henri Pinault, Alban Greget, l’un des gestionnaires d’Artémis, un représentant de Combat Holding et l'ancienne ministre française de la Culture Fleur Pellerin. Cette société a déclaré vouloir s'intéresser au "secteur attractif du divertissement et des loisirs à fort potentiel de développement et de croissance" en Europe, où ces marchés "ne cessent de croître", ont expliqué ses promoteurs. Il lui reste à trouver une cible cotée ou non cotée d’une valeur en général dix fois supérieure au capital initial. Ce qui représente 2 à 3 milliards d’euros. Si une acquisition n’est pas réalisée, dans un délai précisé aux souscripteurs, la société I2PO sera obligée de rendre les fonds qui viennent d’être levés.
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