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Professions financières / Milleis Banque / Cholet Dupont Oudart / La Française / Barclays

Professions financières
Milleis Banque / Cholet Dupont Oudart / La Française / Barclays

Milleis Banque va de l’avant

L’ex-Barclays France salue la fin de sa lourde restructuration en acquérant Cholet Dupont Oudart. Milleis vise la rentabilité en 2022.
Milleis Banque
Milleis Banque

Après avoir renoncé aux activités de détail de HSBC France à Pâques, Milleis monte en gamme en visant beaucoup plus petit. L’héritière de Barclays France – acquise et rebaptisée par le fonds AnaCap en 2017 – négocie l’acquisition de la banque privée Cholet Dupont Oudart (CDO). Elle accède ainsi à un portefeuille de clients fortunés composé de 7 000 familles et à 4 milliards d’euros d’actifs sous gestion. La transaction, si elle arrive au bout, lui permettra d’atteindre un encours total (dépôts et épargne) de 13 milliards d’euros.

Or, en gestion privée, la taille compte. "Pour un établissement comme le nôtre qui offre l’ensemble des services bancaires, le seuil des 10 milliards d’euros d’encours existe en banque privée. L’atteindre est nécessaire pour amortir les coûts de développement, d’IT, de réglementation", explique à WanSquare Hubert Nicolas, directeur général de Milleis, qui reconnaît qu’acquérir HSBC aurait nécessité de sa part une transformation majeure. Milleis gère actuellement 7 milliards d’euros d’épargne et affiche 2 milliards d’euros de dépôts, pour le compte de plus de 60 000 familles.

Conseillée par KPMG Corporate Finance, l’ex-Barclays France compte acquérir pour un montant non divulgué pas tout à fait 100% du capital de CDO (épaulé par Gimar & Co), laissant une participation très minoritaire à Fabrice de Cholet et Gaël Dupont. Milleis a notamment acquis la participation de 34% détenue par la société de gestion La Française qui souhaitait s’en défaire. Elle a ensuite pu convaincre la quasi-totalité des actionnaires familiaux de céder leurs parts – alors que Cholet Dupont, déjà conseillé par Gimar, venait d’acquérir Oudart, en juin dernier, auprès du suisse EFG International.

La solution retenue est plutôt inhabituelle, la norme étant plutôt de permettre aux associés de l’entité reprise de monter au capital de l’acquéreur. Mais la structure capitalistique d’une société sous private equity – fréquemment organisée en double holding – est difficile à faire évoluer. "Nous souhaitons de toute façon conserver le nom et la culture de Cholet Dupont Oudart, pour ne pas casser le lien avec ses clients", ajoute Hubert Nicolas.

Cette façon de procéder peut être un atout pour l’établissement pour convaincre d’autres structures de le rejoindre. "Nous allons continuer à procéder à des acquisitions. Notre stratégie en la matière dépendra des cibles. Aux maisons disposant d’un ADN fort, nous serons en mesure de leur proposer une solution de type multiboutiques comme notre accord avec Cholet Dupont Oudart. Quant aux autres, ou en cas d’acquisitions de portefeuilles, nous pourrons les intégrer à Milleis – voire à Cholet Dupont Oudart", imagine Hubert Nicolas.

Malgré l’absence de fusion, les synergies et fertilisations croisées seront possibles. CDO pourra proposer à ses clients l’ensemble des produits de Milleis, comme les crédits, des SCPI, des produits de private equity, des produits structurés et de l’assurance-vie. A l’inverse, ceux de Milleis bénéficieront des produits des deux sociétés de gestion de CDO, dotés d’une expertise solide en actions notamment. Le rapprochement permettra également d’économiser les coûts de développement. Mais la mise en commun du système d’information – inauguré en février dernier chez Milleis après plus de trois ans d’effort mais externalisé chez CDO – fait encore l’objet de discussion.

D’un point de vue plus financier, la montée en gamme de Milleis l’aidera à conforter sa dynamique de collecte et à poursuivre sur la route du retour à la rentabilité. "La collecte a été quasi-nulle en 2020, mais elle est positive depuis le début de l’année. Nous espérons afficher une collecte nette positive en 2021", indique ainsi Hubert Nicolas. CDO est particulièrement rentable, tandis que Milleis prévoit de l’être en 2022.

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